‹ Histoire de la Gaule (volume 3)Chapitre 101 sur 473 · Cf. t. VII, p. 86, n. 1, p. 146, n. 2, p. 199, n · texte numérisé non relu

Cf. t. VII, p. 86, n. 1, p. 146, n. 2, p. 199, n

2. Les Francs Saliens doivent correspondre, en tout ou plutôt en partie, à l'ancienne civilas de Nimègue (cf. t. VI, p. 490, n. 4) et, en outre, au pagus de Toxandrie, détaché sans doute de celle de Tongres (t. VI, p. 464, note).

• 3. Codifiées dans la première rédaction de la lex Salica, je crois vers 400 : c'est le temps que me parait indiquer le prologue; cf. p. 364, n. 7, t. VII, p. 146, n. 2.

4. Les regales des textes latins (par exemple C. Théod., VII, 1, 9). Ou peut-être, de Constant à environ 400 (cf. t. VII, p. 146, n. 2, p. 279, n. 4), des préfets. Les uns et les autres ont pu, durant cette époque, être choisis par l'empereur (ibid., et ici, n. 5). — Les duces dont parle Grégoire (II, 9, p. 72, Arndt), ne semblent pas pouvoir être rapportés aux Saliens.

5. Il est bien difficile qu'il n'y ait pas eu des rois chez les Saliens, comme chez les autres Francs, et je ne pense pas que Rome, qui a accepté des rois francs dans son armé"e (t. VII, p. 279), ait interdit ce titre chez les Saliens. C'est fort possible cependant, vu le caractère de sujétion où ils se trouvaient (depuis Constant : voyez le texle si net de Libanius; t. VII, p. 146, n. 2), et il se peut qu'il faille eDtendre l'établissement de reges criniti chez les Saliens (Grégoire, Hist., II, 9) comme une chose récente, conséquence de l'affaiblissement des volontés romaines. 11 s'agirait alors d'une royauté unique et héréditaire, et cela dut être aux abords de Tan 400, peut-être d'abord au profit du fils du général de Gratien Ricomer (t. VII, p. 279, n. 4). — On est convenu également de rejeter comme fable la tradition des Gesla Francorum (Liber historiée Francorum, § 4, p. 244, Krusch), du roi Faramundus, père de Clodion. J'avoue ne pas être convaincu, étant donné que les Gesta, comme Grégoire, ont pu avoir sur les Francs Saliens toute une littérature (multi, dit Grégoire, p. 77) aujourd'hui disparue, par exemple le livre historique de Suli>icius Alcxander (Grégoire, Hist., II, 9; sans parler des énigmatiques Consularia), et cette littérature a dû se constituer au iv° siècle, au temps où les BautO, Arbogast, Ricomer, Silvain ou Ronitus (t. VII, p. 88, 166-7,278 el s.) se considéraient les champions de l'Empire. Qu'il y ait des traditions contradictoires sur les noms et l'origine des rois criniti, cela n'empêche pas de croire à des révolutions qui auront établi ou rétabli la royauté chez les Saliens au début du y* siècle. — Un roi (ou regalisl) lors de Paffuire de 358? t. VII, p. 199, n. 4.

6. Pacem Romani imperii cultu juvarent et arma dileclu, dit, je crois des Saliens, le Panégyriste de Constantin (VII, 6; cf. t. VII, p. 86, n. 1); voyez les corps do .•saliens formés par Julien (t. VII, p. 201, n. 1).

payassent rien qui ressemblât au tribu foncier ou à la cote personnelle : c'était à titre de guerriers et en armes qu'ils s'acquittaient de l'impôt1. Cela ne faisait peut-être pas beaucoup de soldats, et les corps de Francs Saliens n'étaient point très nombreux dans l'Empire2 : mais ils valaient les meilleures des légions3.

Enfin venaient, sous des vocables variés et en espèces innombrables, les Barbares d'outre-Rhin qui servaient en alliés 4 et non pas en sujets de Rome. — Les uns étaient arrivés

i. A la manière, je crois, des anciens Bataves, dont ils occupaient les terres (Tacite, Germ., 29) : exempti oneribus et collationibus ... bellis reservantur. En obtenant la terre, les Saliens en ont continué le régime. — Je répète ici que la distinction entre les Saliens et les autres Francs est capitale, et que sans elle il serait impossible de comprendre la marche des événements au siècle suivant : remarquez que Sidoine (Carm., 7, 236-7) distingue nettement Salius et Francus.

2. La Notitia n'en mentionne que trois, tous d'ailleurs auxilia palatina : les Salii au voisinage de l'empereur en Orient (5, 10 et 51), et, en Occident, les Salii juniores Gallicani en Espagne (7, 129, et sans doute 5, 62 et 210), et les Salii seniores en Gaule (5, 29 et 177; 7, 67; cf. p. 87, n. 1). Cela ne fait pas 3000 hommes (remarquez l'état de dislocation vers 400). Mais il ne faut pas oublier que la Notitia, dans son état actuel, ne possède pas le chapitre de la Seconde Germanie (cf. p. 99, n. 4 et 5), et qu'il devait y avoir là des Saliens à titre de soldats territoriaux; et en outre, que bien des Saliens ont pu servir comme Francs dans les corps qui vont suivre (p. 90, n. 4, p. 91, n. 1). On peut donc évaluer, mais au maximum, à 60001e nombre de Saliens en armes, et sans doute faut-il aller bien au-dessous; Grégoire indique plus de 3000 soldats francs baptisés avec Clovis (Hist., II," 31).

3. Il y a, dit le Panégyriste de Constantin (IX, 24), deux soldats supérieurs, le Romain par sa discipline et sa religion du serment, le Franc par son mépris de la mort. Libanius fera constamment un éloge singulier du soldat franc; Orat., LIX, § 127 et s., p. 273 et s., F.; id., XVIII, § 70, p. 267, F. (« chacun d'eux vaut beaucoup d'hommes », ils sont « comme des tours »). Voyez l'épitaphe d'un guerrier franc sur les bords du Danube (Dessau, 2814; cf. t. VII, p. 43, n. 2) : Francus ego cives, Romanus miles, in armis egregia virtute tuli bello mea dextera semper.

4. J'emploie ce mot d'une manière vague et générale, et non pas pour traduire l'expression Aefœderati, employée au Ve siècle à propos des armées de Barbares au service de Rome. Le pr-emier exemple que nous en trouvions est dans la loi de 406, qui les oppose aux dediticii (G. T7»., VII, 13, 10; cf. Godefroy, II, p. 391). Ce terme de fœderati, qui convient surtout aux Goths (cf. p. 92), ne se rencontre pas dans la Notitia, où précisément les Goths ne sont pas mentionnés : car il s'applique à des troupes en quelque sorte en marge de l'armée romaine, seule inscrite dans la Notitia. Les troupes dont nous allons parler, au contraire, font partie de cette armée; elles portent d'ordinaire les titres traditionnels d'aise ou cohortes (cf. t. IV, p. 137), et quelques-unes, sans aucun doute, organisées avant le temps de Constance, ont pu perdre le caractère ethnique indiqué par leur nom. — Ces auxiliaires sont sans doute les barbari voluntarii milites dont parle Ammien (XX, 4, 4; XIV, 10, 14), ceux dont Ausone dit (Precatio, 29-30, écrit en 378) : Francia mixta Suebis cerlat ad obsequium Latinis ut militet armis.

joyeusement dans l'Empire, et s'étaient engagés à titre individuel, les plus humbles comme soldats, les nobles comme officiers1, et de ces Germains on en voyait dans toutes les troupes, et ■dans les légions 2, et dans les corps auxiliaires3, et surtout dans la garde du palais \ Beaucoup du reste s'enrôlaient sans esprit de retour, décidés à faire leur carrière et leur fortune au service de l'Empire : l'Alaman Agilo, par exemple, plutôt que de traîner une vie incertaine dans les forêts de la Souabe 5, trouva plus agréable et plus glorieux de vivre à la cour de Constance, qui en fit tour à tour un grand écuyer, un tribun des gardes et même un maître de la milice 6 ; et la plupart des grands chefs de l'armée romaine que nous voyons autour des empereurs n'ont pas une origine différente : ce sont des Barbares qui s'étaient mis spontanément à la solde de l'Empire7. — D'autres y étaient introduits bon gré mal gré, en troupes expédiées par leurs tribus à la suite d'un traité d'alliance conclu avec les généraux romains 8 : c'étaient alors de véritables unités militaires,

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