Cf. t. VII, p. 84 et s
5. Ceci, d'après la nature des corps militaires à ce nom de Bataves, et dans la mesure où ce nom continue à correspondre à un recrutement ethnique (cf. t. VII, p. 85, n. 6). — On rencontre dans la Notitia trois espèces de corps de Bataves : 1° les cohortes Batavorum dites Prima (en Bretagne ; Occ, 40, 39) et Nona (en Rétie ; 33, 24 : il faut très certainement corriger la Novx des manuscrits) : celles-là sont
Hérules, venus un beau jour de la Baltique lointaine'; les mystérieux Pétulants, sortis sans doute des îles de Hollande2; et les Celtes, immigrés eux aussi de ces basses terres, et qui sont peut-être les derniers enfants issus du berceau originel de ce nom célèbre 3. Et si en temps de paix ces quatre peuplades vivaient obscurément quelque part dans la Gaule, vite étouffées ou absorbées par les populations voisines4, elles n'en dotèrent pas moins l'armée romaine de quatre corps d'armée à leurs noms5,
les épaves des cohortes du Haut Empire (t. IV, p. 137, n. 3), et n'avaient sans doute de balave que le nom ; 2° les Lètes Bataves (ici, p. 82, n. 3); 3° les deux corps d'infanterie A'auxilia palatina des Batavi juniores (en Gaule; Occ, 7, 72; 5, 58 et 186) et des Batavi seniores (en Italie près de l'empereur; 7, 14) et trois escadrons (vexillationes), également palatins, un de juniores et un de seniores en Gaule (Occ, 7, 169 et 167; 6, 47 et 51), et un auprès du prince en Orient (Or., 6, 30) : je ne pense ici, dans le texte, qu'aux cinq corps de cette dernière espèce. — Ces cinq dernières troupes sont, en 400, le démembrement du fameux corps batave, formidabilis manus, que nous trouvons autour de Julien (Ammien, XVI, 12, 45; XX, 1, 3; 4, 2; cf. t. VII, p. 195, n. 6, p. 221, n. 1) et de Valentinien (XXVII, i, 6; 8, 7; cf. id., p. 236, n. 5) en Gaule, et ensuite envoyé contre les Goths (XXXI, 13, 9). Il est d'ordinaire associé à celui des Hérules (n. suiv.).
1. Cf. t. VII, p. 85, n. 6, p. 48, n. 5. — vLa Notitia connaît seulement les Heruli seniores, auxilia palatina de fantassins en Italie (Occ, 5, 162; 7, 13) : l'absence de juniores et de cavaliers semble indiquer qu'on était en train de supprimer ce corps, qui a été une des forces de l'armée de Gaule. — Nous le trouvons en Gaule sous Julien (Ammien, XX, 1, 3; 4,2; cf. t. VII, p. 221, n. 1) et sous Valentinien (Ammien, XXVII, 1, 6; cf. t. VII, p. 236, n. 5).
2. Cf. t. Vil, p. 85, n. 6, p. 201, n. 1. — En 400, les Pétulantes apparaissent comme auxilia palatina, les seniores en Italie (Occ, 5, 160; 7, 11), les juniores dans l'Illyrie d'Orient (Or., 9, 26). Pas de cavalerie. — En Gaule sous Julien (Ammien, XX, 4, 2; t. VII, p. 222, n. 3), l'accompagnent en Orient (XXI, 3, 2; XXII, 12, 6; cf. t. VII, p. 226, n. 8), puis reviennent en Gaule, où on les retrouve sous Cratien (XXXI, 10, 4; cf. t. VII, p. 276, n. 7). Associés d'ordinaire aux Celtœ (note :ï).
3. Cf. t. VII, p. 4i, n. 7, p. 85, n. 6. — En 400, toujours comme auxilia palatina, les CflUe ont leurs seniores en Italie (7, 12 ; 5, 161) et leurs juniores en Afrique (5, 205; 7, 1411. Pas de cavalerie. — En Gaule sous Julien (Ammien, XX, 4, 2), en Orient avec lui (XXI, 3, 2; XXII, 12, 6; cf. t. VII, p. 226, n. 8), do nouveau en Gaule, où on les voit sous Gratien (XXXI, 10, 4; cf. t. VII, p. 270, n. 7). Leur rapprocbement avec les Pétulants (voir n. 2) est constant.
4. A ma connaissance, ces noms n'ont laissé aucune trace en toponymie.
5. Tous quatre, on l'a vu (p. 83, n. 5, p. 80, n. 1-3), servant comme auxilia, <',Vsi-à-dire velites ou fantassins armés à la légère (cf. Végèce, II, 2, et Ammien, XVI, 11, 9). Mais la présence de cavaliers (p. 85, n. 5) montre qu'ils ont pu être organisés d'abord, à la façon des légions, en unité divisionnaire complète. — Leur titre, à tous quatre, de palatina, c'est-à-dire d'attachés au palais, présents au voisinage du prince, montre qu'on les considérait toujours, vers 400, comme des troupes d'élite et de réserve.
qui furent peut-être, avant les triomphes des Francs, les plus célèbres de l'Occident1.
1 . On mettra à peine au-dessous, comme auxilia palatina de 400 (p. 86, n. 5), comme •troupes célèbres de Gaule au cours du iv" siècle, les corps suivants, formés en grande partie, eux aussi, d'éléments barbares (je les numérote à la suite des 4 précédents). — 5° Les Cornuti, en Gaule sous Constance et Julien (Ammien, XV, 5, 30; XVI, 12, 3; cf. t. VII, p. 169, n. 2, p. 195, n. 5), envoyés en Orient contre les Goths (XXXI, 8, 9) : l'infanterie est hors de Gaule en 400, la cavalerie semble partagée entre la Gaule et l'Italie (Occ, 7, 168 et 162). — 6° Les Bracchiati (d'ordinaire associés aux précédents; t. VII, p. 169, n. 2, p. 195, n. 5), représentés peut-être en Gaule vers 400 par une vexillatio de cavaliers juniores (Occ, 7, 170?) ■et par les fantassins juniores (7, 66), mais encore seulement en partie (cf. Or., 6, 29; 5, 50) : le corps parait en voie de morcellement et de déplacement. Ces deux troupes sont les plus célèbres de celte série (usu prœliorum diuturno Jïrmati; XVI, 12, 43) et, comme les Bataves (p. 85, n. 5), avec cavalerie. Sur elles, p. 112, n. 6.
— 7° Les Beges de la bataille de Strasbourg, formant avec les Bataves formidabilis manus (Ammien, XVI, 12, 45; cf. t. VII, p. 195, n. 6). Décomposés plus tard en legio et en corps auxiliaire : car ce sont les mômes que les Regii de la Notitia (hors de Gaule; Occ, 7, 32; Or., 6, 49). J'ai peine à croire que ce corps, comme les deux précédents, n'ait pas renfermé à l'origine beaucoup d'éléments barbares. — D'origine barbare également à leur début, mais ouverts aux Gallo-Romains, sont les auxilia palatina qui suivent, et que nous trouvons en Gaule vers 400. — 8° Matliaci (2 groupes en Gaule, juniores et juniores Gallicani; Occ, 7, 64 et 77; •cf. ici, p. 78, n. 5) : ceux-ci, organisés sans doute en principe par Julien ou Valentinien dans le pays de Wiesbaden (cf. t. VII, p. 197, n. 2, et p. 245). Le corps est en voie de décomposition (cf. ici, p. 116, n. 5). — 9° Les Ascarii, en Gaule sous Valentinien (cf. t. VII. p. 237, n. 8), et dont on n'y retrouve plus qu'un tronçon en 400 (les Ascarii Honoriani seniores, 7, 79). — 10° Les Atecotti, d'origine sans doute britannique, représentés en 400 par les deux troupes de juniores Gallicani (cf. p. 78, n. 5) et seniores Honoriani (7, 78 et 74). C'est encore un corps qui se disloque. — 11°, 12° et 13° Troupes A'auxilia palalina à noms germaniques et connues seulement par la Notitia : Bructeri, Ampsivarii (7, 70 et 69), Tubantes (hors de Gaule; Occ, 5, 176; 7, 123; Or., 6, 51; originaires de la Twenthe; cf. Dessau, 4760-1 ; ici, t. IV, p. 542, n. 2), formées à l'origine d'immigrés de Westphalie ou de Frise : à mettre peut-être parmi les fédérés (p. 89, n. 4, p. 90, n. 8) et non ici parmi les déditices. Autres de ce genre, au contraire, à mettre peut-être ici, p. 91, n. 1 et 2.
— J'ajoute ici les corps suivants, pour être complet sur ces corps d'auxilia palatina qui, avant 400, formaient véritablement, avec les légions, l'élite des troupes de l'Empire, et dont la majeure partie venaient d'origines gauloises ou germaniques; tous peuvent, en bien des cas, dériver ou être imités des numeri des temps antonins (cf. t. IV, p. 474), plutôt que des ailes et cohortes de l'époque d'Auguste (cf. t. IV, p. 136-8) : 14° les Leones (seniores); 15° les Sagiltarii Nervii (Gallicani), tronçon gaulois (cf. p. 78, n. 5) d'un corps nervien qui doit être différent des anciennes cohortes Nerviorum (t. IV, p. 137, n. 4); 16° les Britones (ancien corps ramené des Champs Décumates; Corp., XIII, II, p. 264; cf. ici, p. 83, n. 4); 17° les Jovii (juniores Gallicani), qui apparaissent peut-être sur le Rhin à la fin du siècle (cf. t. VII, p. 309, n. 1); 18° les Salii (seniores en Gaule vers 400), dont nous allons parler (p. 89, n.2); 19° et 20° les Gratianenseset Valentinianenses, qui peuvent avoir porté d'autres noms (Occ, 7, § 65, 75, 73, 76, 67, 68, 71). Tous ces derniers corps (n°' 7-20) paraissent n'avoir jamais eu de cavalerie. — Je n'indique que ceux qui ont pu intéresser la Gaule. — La Notitia, vers 400, indique exactement 16 éléments de ces auxilia palalina en garnison en Gaule,
L'établissement des Francs Saliens, en Batavie et Toxandrie, était quelque chose de plus complet, de plus durable, et surtout de moins servile '. Us y étaient chez eux à titre définitif, mais à titre romain, comme les Arvernes en Auvergne ou les gens du Narbonnais autour de leur métropole2. Seulement, au lieu d'être gouvernés par les lois romaines, ils obéissaient à leurs coutumes 3 ; au lieu d'avoir une curie et un défenseur, ils avaient des princes4 ou des rois5; au lieu d'être dispensés du service militaire, ils le devaient strictement, à l'ancienne mode du provincial ou du citoyen6. En revanche, je doute qu'ils
comme armée de réserve auxiliaire, sous les ordres immédiats du maître de la milice équestre de Gaule (Occ, 7, 63-79; cf. p. 103, n. 1).