T. VII, p. 88, 118, 166-7, 278 et s
8. Voyez les textes cités p. 89, n. 4. Je ne peux cependant pas appeler ces soldats des fœderati, dans le sens consacré pour le Bas Empire, quoique originellement enrôlés en vertu d'une alliance collective ou d'un contrat personnel : «ar ils sont classés parmi les troupes romaines dans la Notitia, ils y sont visiblement assimilés à ces troupes, et ils dépendent des magistri de la milice, et non pas, comme sous Théodose les fédérés d'Orient, Goths et autres, d'un chef spécial
LES DIFFÉRENTS ÉLÉMENTS BARBARES. 9i
combattant chacune sous le nom de sa nation, Chamaves des" pays francs * ou Bucinobantes des terres alamaniques 2, chacune aussi avec ses coutumes guerrières 3 et ses rois ou ses princes traditionnels '".
réservé aux troupes barbares (Zosime, IV, 57; V, 5, 5) : c'est cette constitution d'une armée barbare avec son chef à elle, conséquence de l'arrivée des Goths, qui est une des grandes fautes de Tbéodose et de ses successeurs.
1. Il y a en 400 une cohors XI Chamavorum en garnison en Thébaïde d'Egypte (Or., 31, 61), et ce chiffre indique d'abord une copieuse organisation, à la romaine, de ces Francs Chamaves, peut-être sous Julien (cf. t. VII, p. 201, n. 1) ou à la rigueur sous Maximien (id., p. 64 et s.) ou Constant (id., p. 146, n. 2), mais ensuite la dislocation et dissémination de ces troupes. — Troupes de frontière au nom générique de Francs : une ala I Francorum en Thébaïde (Or., 31, 51), et une autre de môme nom et de môme numéro [par erreur?] en Phénicie (Or., 32, 35); une ala VIII Flavia Francorum en Mésopotamie (Or., 36, 33), une cohors VII Francorum en Thébaïde (31, 67). Ce sont les vestiges d'une série constituée de Constance Chlore à Julien et reléguée peu à peu en Orient. — Autres Francs ou Germains parmi les auxilia palatina, p. 87, n. 1 : à mettre peut-être parmi les auxiliaires dont je parle ici.
2. Bucinobantes, troupe d'auxilia palatina en Orient (Or., 6, 58) : organisée par Julien (t. VII, p. 201, n. 1) ou Valentinien (id., p. 245, n. 2; cf. ici, n. 4). — Autres troupes que je crois formées d'Alamans : les Rsetobarii, de même catégorie et de môme résidence (Or., 5, 58), les Falchovarii, mêmes remarques (Or., 6, 59), les Brisigavi ou Alamans du Brisgau (Occ, 5, 52-53, 201-2), les plus nombreux de ce groupe, à cause de l'importance et du voisinage du Brisgau, organisés sans doute par les traités avec Gundomad et Vadomar sous Constance et Julien (t. VII, p. 161, n. 3, p. 226, n. 5); d'autres en Bretagne, sous Valentinien (ici, n. 4). Sans parler des Mattiaci, qui paraissent romanisés de bonne heure (p. 77, n. 3, p. 87, n. 1). — Au nom générique d'Alamans, les troupes de frontière : ala I Alamannorum en Phénicie (Or., 32, 36), peut-être organisée à la suite du duc Vadomar (t. VII, p. 226, n. 5), cohors V Pacala Alamannorum en Phénicie (32, 41), cohors IX Alamannorum en Thébaïde (31, 63). Mêmes remarques pour ce? troupes que pour les Francs. — Ajoutez : ala I Saxonum en Phénicie (Or., 32, 37), peut-être dernier débris des Saxons de Magnence (Julien, Orat., I, p. 34 d, Sp.), et le numerus des Anglevarii, auxilia palatina en Orient (5, 59). — Les Teruingi, auxilia palatina (Or., 6, 61), doivent être un ancien corps formé antérieurement à leur arrivée dans l'Empire (Ammien, XXXI, 5) et sans doute au temps où les Goths, dont ils faisaient partie, fournissaient librement lant d'auxiliaires à l'Empire (cf. t. VII, p. 118, n. 2). — Enfin, il est possible que Gralien (t. VII, p. 291 , n. 4) ait appelé en Gaule des Comités Alani, d'ordinaire cavaliers palatins (Not., Occ, 6, 50; 7, 163). — Tout cela fait partie d'une organisation antérieure à Théodose, commencée par Maximien et achevée sans doute par Julien et Valentinien, et maintenant mutilée, et dont les débris sont tous sans exception transportés loin de Gaule et presque tous en Orient.
3. Le Code Thèodosien remarque même que, contrairement aux usages romains, les esclaves des Barbares, fédérés ou déditices, viennent combattre avec leurs maîtres, una cumdominis bella constat tractare (loi de 406, VII, 13, 16; cf. p. 101, n. 3).
4. Voyez le cas de Charietto, chef franc et comte à la frontière de Germante; t. VII, p. 201 et 227. — Si vraiment les troupes d'Alamans installées en Phénicie (ici, n. 2) y ont été amenées par leur compatriote le roi Vadomar, lorsqu'il y vint comme duc (t. VII, p. 226, n. 5), ce serait le premier exemple d'un roi bar-
C'était encore quelque chose de différent que ces soldats goths, alliés de l'Empire et cependant intérieurs à lui, royaume itinérant qui était en même temps une armée fédérée1. .Mais nous n'avons encore rien de ce genre dans la Gaule de Théodose2, où l'armée, même avec ses Francs, conserve une allure romaine et nationale.