V. — DU DÉPLACEMENT DES TROUPES
Les Germains qui servaient à titre d'alliés ou d'engagés volontaires ne devaient pas être employés au delà des Alpes : la condition était inscrite dans le contrat d'enrôlement3, encore que les empereurs s'arrangeassent souvent pour ne pas en tenir compte*.
Pour tous les autres, Barbares ou provinciaux, ils étaient tenus de servir où il plairait au prince de les envoyer5. Nous avons vu deux légions de Gaulois en Mésopotamie au temps de Constance 6. D'autres suivirent volontiers Julien contre les Perses7
bare commandant à la fois à une province au nom de Rome et aux troupes en garnison à titre indigène. Mais elles sont en Orient, fort loin de leur pays d'origine, et Vadomar ne paraît pas avoir eu de successeur alaman. — Un autre exemple typique est fourni par Ammien sous Valentinien (XXIX, 4, 7) : Fraomarius, roi des Bucinobantes et allié de Rome, chassé de son pays, est envoyé en Rretagne pour commander, en qualité de tribunus, numéro Alamannorum, rnullitudine viribusque ea teinpestateflorenti, et il ajoute : Bitheridum et Hortarium nalionis ejusdem primates (Alamans) item regere milites jussit (Valentinien). — Le mot d'Ammien, qui écrit une dizaine d'années plus tard, indique bien la rapide déchéance de ces corps barbares d'Alamans (à la suite des affaires de 378? t. VII, p. 270-7). Et au temps de la Notitia, à la suite de leur séjour en Orient, ces troupes ont dû perdre rapidement leurs éléments nationaux. Mais inversement, et eu Orient d'abord, les éléments militaires barbares vont se constituer à nouveau en troupes dites fédérées (cf. p. 89, n. 4).