‹ Histoire de la Gaule (volume 3)Chapitre 119 sur 473 · Cf. t. VII, p · texte numérisé non relu

Cf. t. VII, p

3. Les événements l'ont surabondamment montré môme au ive siècle; cf. t. VII, p. 87, 164-5, 170 et s., 236 et s. Et on le verra souvent au siècle suivant.

4. Les tableaux de mobilisation étaient soigneusement tenus et demeuraient secrets (quarum virium milites ubi agant vel procinclus tempore quo sint venturi, etc.; Ammien, XVIII, 3, 1).

5. Ammien, XVI, 2, 8; cf. t. VII, p. 187, n. 4, p. 237, n. 1, p. 238, n. 2. Je me demande même, vu l'importance militaire de Reims et la présence du tombeau de Jovin (I. VII, p. 238, n. 3), si le maître de la milice en Gaule n'y a pas résidé, au moins sous Valenlinien.

6. Ammien, XIV, 10, 3; cf. t. VII, p. 162, peut-être p. 236, n. 5.

les blés sont mûrs et les fourrages en état1. L'armée rassemblée, on part pour trois mois d'expédition tout au plus, depuis les belles journées de l'été jusqu'au premier automne; puis, la guerre finie, la dislocation est ordonnée, et chaque troupe regagne son lieu de garnison2. Tout cela est minutieusement réglé, comme la procédure devant un tribunal ou l'avancement dans un bureau.

C'est bien là le vice essentiel de l'Empire romain en la vieillesse de sa vie. Incapable de décisions énergiques et de gestes rapides, il se réfugiait dans des pratiques administratives. Alors qu'il eût fallu se tenir sans cesse aux aguets, courir sur les grandes routes ou veiller aux créneaux des remparts, il expédiait toutes ses affaires suivant un agenda établi d'avance et d'après les formules d'un protocole immuable. On était aux heures des catastrophes qui troubleraient à la fois l'ordonnance du temps et la sécurité de l'espace, et chaque jour on enveloppait davantage la terre romaine d'un réseau d'habitudes puériles et de formules surannées, que la crise la plus prochaine allait déchirer comme un filet dans la tempête.

Il faut d'ailleurs reconnaître que ces mêmes troupes, si incapables de faire face aux périls d'une invasion, pouvaient, en temps de paix, rendre de bons services au pays. Les Sarmates, échelonnés de Paris au Morvan sur la route d'Autun 3, ne manquaient pas, j'imagine, de dépister les brigands et de convoyer les caravanes; ceux des Cévennes* ou les garnisons des fortins alpestres5 étaient évidemment chargés d'assurer le

1. Operiens Julium nxensem, undc sumunt Gallicani procinctus exordia; Ammien, XVII, 8, 1. La concentration était, du moins on Gaule, pour le 24 juin (t. VII, p. 188, n. 1). Bien entendu, cela n'empêchait pas, s'il y avait péril, les campagnes d'hiver avec les troupes palatines ou les mobilisations d'urgence ; cf. Ammien, XVI, 2, 5 (cf. t. VII, p. 187-8); XVII, 8, 2 (cf. t. VII, p. 197, n. G).

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