Cf. t. VII, p. 190, ici, p. 102, n
5. La Notitia ne donne pas de détails sur l'armée des Alpes; maisil y en avait certainement une, ce qu'indiquent et le sub disposition comitis Ualix [chef mili-
passage des cols. L'armée romaine avait pris une double allure, tantôt d'une maréchaussée en service permanent de surveillance1, tantôt de compagnies féodales obligées à trois mois de campagne. — Voilà donc où aboutit la vie militaire de l'Empire. Il a renoncé d'abord aux grandes conquêtes, et puis aux lignes puissantes de la frontière, tour à tour à la guerre d'agression et à la défensive rigoureuse; il se borne maintenant à quelques entreprises de répression, et son armée, au lieu de se masser en corps d'attaque ou en boulevard de protection, se disperse en postes de garde.
Les empereurs commirent la même faute sur mer. En face de ce danger nouveau qu'étaient les pirates de la mer du Nord, il fallait 2, ou bien une escadre formidable d'offensive audacieuse qui s'en irait porter le trouble dans les repaires des Saxons, ou bien une flotte compacte de barrage en haute mer5 qui leur fermerait le Détroit et l'accès des côtes romaines, de Hull à Walcheren. Mais on ne fit ni l'un ni l'autre : la hardiesse, les moyens en argent ou en hommes '*, manquaient pour
taire] tractus Italiœ circa Alpes, et la vignette de la Notitia représentant un castellum avec remparts et murs de barrage avec créneaux et tours, sur des flancs de montagnes (Occ, 24). — Comme gendarmerie alpestre, on doit sans doute mentionner la cohors I Flavia Sapaudica de Grenoble (Cularo; Not., Occ, 42, 17), vestige d'une organisation qui doit remonter aux temps de Maximien et de Constance (cf. t. Vil, p. 54, n. 7). — C'est également à la surveillance des cols pyrénéens que je rattacherai pour une part la cohorte de Bayonne (p. 107, n. 3). — Cf. p. 180-2.
1. C'est sans doute pour cela que Lètes et Sarmates (p. 82-85), troupes des Alpes (p. 104, n. 5) ou des Pyrénées (ici, p. 107, n. 3), flottes de l'intérieur (p. 109, n. 9, p. 110, n. 1), sont, non pas placés sous l'autorité du magister equitum de Gaule, chef normal de l'armée de campagne et de garnison, mais considérées comme prévôtés, prœpositurœ, du maître général de la milice (Occ, 42), chargé sans doute de veiller à la sûreté générale de l'Empire. Cf. p. 18, n. 3.