Cf. t. VII, p. 42, 48-9, 03, 75-70, 111, n. 2, p
3. Remarquez que la Notitia ne connaît sur l'Océan d'autre flotte que celle de la Somme, qui ne peut avoir été qu'assez médiocre (p. 107, n. 6).
4. La valeur professionnelle des marins et matelots de l'Empire paraît avoir été fort médiocre (cf. t. VII, p. 77, n. 2, p. 82, n. 5, p. 83, n. 3); peut-être aussi,
ces opérations de grande envergure; et on se contenta d'installer, le long des rivages de la Manche et de l'Atlantique, des postes de surveillance aux endroits où pouvaient débarquer les hommes du Nord. Sur mer comme sur terre, on abandonnait à l'ennemi l'initiative des attaques, on s'estimait avoir fait le nécessaire en se mettant en mesure de les repousser. Comme nous sommes loin de Tibère, allant avec sa flotte romaine chercher les Cimbres à Hambourg et les Chérusques sur l'Elbe dhi- Brandebourg l ! Et nous sommes encore plus loin du Grec Pythéas, explorant avec son navire les côtes du Jutland et les fiords de la Norvège2! A chaque nouveau siècle de sa vie, le monde civilisé, depuis que Rome le dirige, rétrécit son horizon et réduit sa volonté. L'Empire vieilli n'a plus de force que pour continuer quelques habitudes.
On doit cependant rendre cette justice aux empereurs du quatrième siècle, qu'ils comprirent assez bien les choses delà mer, et qu'ils adoptèrent, pour la protection de ses rivages, un système, fort convenable, dont auraient dû s'inspirer plus tard Charlemagne et ses héritiers. Il est possible que ce système eût plus de valeur en théorie qu'en pratique, et que les forces navales fussent insuffisantes à remplir le cadre de la défense maritime. Mais enfin ce cadre était bien imaginé.
Tout le rivage de l'Atlantique romaine, de l'Escaut aux Pyrénées, était occupé militairement par des garnisons de terre et des flottilles de port3. Il était divisé en trois ressorts4, ou, comme nous dirions aujourd'hui, en trois préfectures maritimes. — La plus importante, qui allait de la Seine à la Gironde,
malgré leur nombre, ses navires ont-ils été assez misérablement construits (ib., id.). On comptait, dit-on (cf. ici, p. 102, n. 4), 43 o02 hommes de « force nautique »; sous Dioclétien.