Cf. p. 107, n. :t
10. Cela me paraît aller de soi. — Toutes les troupes dont nous connaissons la qualité, sont dites Ugiones pseudocomitatenses (Occ, 7, 90 et s.), et je doute qu'elles. De le soient pas toutes (cf. p. 97, n. 1, p. 100, n. 1).
militaires, les métropoles des cités maritimes, Rouen1, Coutances2, Avranches3, Carhaix4, Vannes5 ou Nantes0, avaient aussi leurs troupes de défense, prêtes à donner la main aux forteresses du rivage7. Plus loin encore à l'intérieur des terres, des flottilles étaient ancrées dans les ports fluviaux8, par exemple dans la Seine et à Paris même 9. — A voir cet étrange dispositif, on se croirait déjà au temps où les Normands pouvaient remonter la Gironde jusqu'à Bordeaux et assiéger dans la Seine la Cité de l'île parisienne. Cette marine de l'Empire romain, flanquée de flottes fluviales, de cohortes de fantassins, d'escouades de cavaliers, ne fait que ressembler à
1. Prœfectus militum Ursariensium [seniorest] Rotomago (37, 21) : distinct des Ursarienscs, légion de campagne (p. 101, n. 2), et à rapprocher peut-être des Ursarienses juniores du Rhin (p. 100, n. 1).
2. Prœfectus militum Primœ Flaviœ Constantia (37, 20) : c'est la legio l Flavia Gallicana Constantia (p. 78, n. 5).
3. Prœfectus militum Dalmatarum Abrincatis (cf. p. 93, n. 5, p. 96, n, 3).
4. En admettant que Garhaix (cf. t. VI, p. 443, n. 5) soit demeuré le chef-lieu des Osismi et désigné par ce nom : prœfectus militum Maurorum Osismiacorum Osismis (37, 17; cf. p. 93, n. 7).
5. Prœfectus militum Maurorum Benetorum Benetis (37, 16; cf. p. 93, n. 7).
6. Prœfectus militum Superventorum [juniorum; cf. 7, 96; 5, 270] Mannatias [pour Namnetis] (37, 18).
7. 11 est à remarquer que la Notitia ne mentionne aucune garnison entre la Loire (Nantes) et la Gironde (Blaye), dans la zone maritime si importante des Pictons et des Santons : je n'arrive pas à m'expliquer cette lacune. La police en était-elle confiée aux Taifales (p. 85, n. 2)? Mais ils étaient bien loin du rivage.
8. Il faut cependant noter que, sur les fleuves de l'Océan, l'organisation des flottes fluviales paraît bien moins complète que du côté de la Méditerranée (p. 110). Je ne trouve rien sur la Moselle ou la Charente. Et tout cela vient surtout de ce •que les préoccupations de l'État sont plus à l'intérieur que sur les rivages : l'Empire romain commettra la même faute que Gharlemagne, oubliant dans ses États la sécurité des contours pour ne songer qu'à la liaison des parties.
9. Not. Occ, 42, 23 : Prœfectus classis Anderetianorum Parisiis [à Paris, et non chez les Parisiens]. Il n'y a aucun rapport entre le nom de cette flotte et celui de la localité d'Andrésy à l'embouchure de l'Oise (dont le nom doit venir de Honorisiacus pour Honoratiacus; Prou, Documents sénonais, Sens, 1921, p. 39-46); mais il faut le rapprocher des Anderetiani du Rhin (p. 99, n. 1); et selon toute vraisemblance, l'un et l'autre corps proviennent de l'importante station maritime de Anderidos en Bretagne (Occ, 28, 10), qu'il faut chercher à Pevensey bien plutôt qu'à Hastings. Remarquez qu' Anderidos avait pour garnison vers 400 les Abulci, que nous retrouvons en partie sur le Rhin avec d'autres Anderetiani (p. 100, n. 1, p. 99, n. i). — Cette flotte de Paris, étant du ressort immédiat du maître de la milice (p. 105, n. 1), devait servir moins aux opérations maritimes qu'à la garde sur les routes. Il est du reste étonnant qu'on ne l'ait pas attribuée au duc d'Armorique, dont le ressort allait jusqu'à Sens (37, 27 et 28).
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l'armée de terre, et paraît moins propre à écarter les pirates du rivage qu'à les pourchasser sur les grandes routes.
Ce même désir de protection intérieure explique les emplacements des flottes méditerranéennes1. Une escadre assez importante, avec infanterie de marine, occupe le port de Marseille -; et l'on doit savoir gré à Maximien3 ou à ses successeurs d'avoir de nouveau4 compris la valeur du Lacydon, et de n'avoir point tiré de sa longue misère le port artificiel de Fréjus 5. Mais le reste de l'armée navale du Midi n'est pas en Méditerranée : il est sur le Rhône, à Arles ou à Vienne0, il est sur la Saône, à Ghalon7, et on trouve même une flottille à Yverdon sur le lac de Neuchâtel 8. Il est vrai qu'à Yverdon on surveillait les seuils du Jura et le passage de la grande route militaire d'Italie9.
Car les intérêts de la terre attirent de plus en plus à eux les chefs du littoral, et les généraux de l'intérieur mettent de plus en plus la main sur les choses de la mer. Cette marine méditerranéenne fut placée sous les ordres directs du maître général de la milice, et on lui donna aussi la préfecture navale de
1. Toutes sous la dépendance du maître de la milice (cf. p. 103, n. 1). Cette organisation de la région avoisinant les Alpes, avec mention de la Sapaudia h Grenoble (p. 104, n. 5) et à Yverdon (ici, n. 8), avec le groupement des troupes et Hottes sous la rubrique Gallia ftiparensis- (42, 13), doit être le vestige d'une ancienne organisation (cf. t. VII, p. 54, n. 7). — Cf. p. 180-2.
2. La Notitia (42. 10) ne parle pas de Hotte, mais d'un prœfectus militum Musculariorum Massiliœ Grxcorum [étrange réminiscence historique, et qui paraît bien un indice que la Notitia a été extraite, dans quelque dessein scolaire, des documents officiels]; mais les Muscularii sont des soldats de marine (musculus doit être pris dans le sens de barque [Not., Or., 3!), 35 ; Isidore, On';/., XIX, 1, § 14, Lindsayi, et non dans celui de machine de siège, Yégeee, IV, 16).