T. VII, p. 54, 105 et s., 113, 225 et b
3. T. VII, p. 47-8, 83, 108, 115, 145, 134-6, 291, 308, 315-7. 0. T. Vil, p. 135.
jeu de massacre. La moins brutale et pour ainsi dire la plus noble des rencontres militaires de ce temps, fut celle de Strasbourg, où Julien ne perdit que 247 hommes sur un effectif de 13 000, et où il eut raison d'une armée près de trois fois supérieure ' : mais à bien analyser le combat, ce fut le choc banal, rang contre rang, du Romain discipliné et lourdement armé2 et du Barbare incohérent et demi-nu, où la résistance personnelle des hommes et la différence des armements se substituèrent aux mouvements de la tactique ou aux calculs de la stratégie3. Que l'on compare ces campagnes de Julien ou de Jovin, pourtant les mieux combinées du quatrième siècle *, aux marches de César à travers les Cévennes ou aux audacieuses prouesses de Drusus5.
A ne combattre qu'un ennemi souvent médiocre, les troupes <le l'Empire perdirent peu à peu leurs mérites propres; à la longue, elles s'adaptèrent à la nature de leurs adversaires6. Dans la légion, on négligea trop souvent les énergies de l'offensive, et notamment la charge terrible au javelot7, l'un des éléments essentiels des victoires romaines8; et l'on sacrifia en même