Ce que Végèce (11,2) appelle uno animo parique consensu
7. A la bataille de Strasbourg, t. VII, p. 195, n. 4; autre, id., p. 236, n. 5.
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autre qui passe à l'ennemi1. D'un bout à l'autre de cette foule, je ne sens pas l'identité de sentiment qui donna aux armées d'Aurélien ou de Probus la force de sauver l'Empire2.
Les formules solennelles ne manquaient pas pour rappeler aux soldats la noblesse de leur devoir. Aux noms traditionnels de Rome et de l'empereur on avait ajouté, dans le texte du serment militaire, ceux du Père, du Fils et du Saint-Esprit, et on expliquait encore aux hommes que le mot d'Auguste n'était pas un nom d'homme ou un titre de chef, mais le signe d'un être souverain, à qui on devait soumission et dévotion, comme à un dieu présent en une enveloppe corporelle : lui obéir est un acte de piété chrétienne, et c'est par la Sainte Trinité elle-même qu'on jurera de ne point déserter, de ne point refuser la mort, de se consacrer au salut de l'empereur et de l'État3.
Mais la religion chrétienne n'était point celle de tous ces hommes ; des Barbares ou des Romains restaient païens dans leur âme; et même chez ceux qui étaient dévots au Christ, la foi, toute de surface, dictait des paroles, et ne déterminait pas des actes.
Le véritable culte du soldat, même au temps de Julien, est celui de l'argent, solde, gratifications ou butin. C'est un métier ou une entreprise que d'être soldat; on ne servira qu'un temps limité, vingt ou vingt-cinq ans 4 : il s'agit donc de se retirer après fortune faite. Aux Barbares ainsi qu'aux Romains de l'armée, le gain s'impose comme la loi principale du service. Entre eux et leurs chefs, c'est un perpétuel marchandage 5. Réunie à
1. Pendant les guerres civiles; cf. t. VII, p. 155, n. 6, p. 292, n. 1.