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G. A voir les choses de près, le caractère municipal du corps d'armée s'établira non Béatement par suri nom résidentiel (n. 1), mais encore parce qu'un •corps correspond souvent à une civitas déterminée (les Dalmates à celle
de l'esprit de l'armée. 119
Dans cette armée disloquée en menus tronçons, comme le serait une police de sûreté ou une maréchaussée rurale, on ne saurait trouver cet esprit de corps qui fit faire jadis de si belles Choses aux cohortes de Bataves ou à la VIIIe légion de Strasbourg1. Et peut-être des empereurs à courte vue, tels que Gratien 2, Théodose 3 ou Honorius, épris d'intellectualisme ou de religiosité, ont-ils vu en cela un moyen d'affaiblir l'orgueil militaire et de tenir le soldat en bride. Mais alors, il fallait faire la pareille pour l'armée des Goths, et la morceler elle aussi, la disperser à la façon de l'armée romaine, au lieu de la masser, compacte et homogène, sur un seul point de l'Empire \
Une armée sans cohésion est une troupe sans ardeur morale. Ramassis de cent détachements venus de tous les coins de l'univers6, groupés et regroupés à l'aventure, l'armée romaine du Bas Empire est une multitude incohérente que n'inspire aucun souffle commun 6, et c'est pour cela que les Goths, unis sous leur nom et sous leur roi, en auront si souvent raison. A tout moment, il se produit au milieu d'elle une brèche imprévue: c'est un corps qui lâche pied7, c'est un
d'Avranches, p. 93, n. 5, p. 96, a. 3, ou les Lètes à celle des Arverni, p. 83, n. 4), et que, par suite, le prœfectus d'un de ces corps peut être regardé, dans une certaine mesure, comme le commandant militaire de la civitas, ou tout au moins le commandant de la place, et appelé, plus ou moins abusivement, « le préfet » ou « le tribun de la ville » ou « de la cité ». C'est évidemment dans ce sens que les documents sur les saints Ferréol et Ferjeux parlent à Besancon, au moment de la découverte des prétendues reliques, du tribunus militum ad custodiam civitatis destinâtes (Acta, 16 juin, 111, p. 11; le fait, qui parait vraisemblable pour la date, est placé sous Valentinien); de même, Corpus, VIII, 9248, où un tribunus numeri est dit agens tribanatu(m) Rusg(uniœ), près d'Alger; cf. Diehl, Études sur l'administration byzantine, 1888. p. 113 et s.; J. Maspero, p. 96 (le tribunus numeri deviendra en Egypte en quelque façon le tribunus civitatis). Et tout cela est à retenir pour comprendre bien des événements du prochain siècle.
t. T. IV, p. 131-2, 188, 196, 197, 202; t. IV, p. 464, n. 3, p. 469, n. 2. Il reste encore trace de cette bravcture de corps sous Julien (t. VII, p. 195, n. 5, 6, 8) et Valentinien et Gratien (t. VII, p. 237, n. 8, p. 242, n. 1, p. 276, n. 7); puis tout disparaît.