‹ Histoire de la Gaule (volume 3)Chapitre 150 sur 473 · DANGERS D'USURPATION MILITAIRE · texte numérisé non relu

DANGERS D'USURPATION MILITAIRE

ticiper? On ne connaît qu'à moitié ses devoirs de citoyen, en ne servant la patrie que par l'exercice de son métier.

L'officier, dans la hiérarchie, était au-dessous du fonctionnaire1. Si haut qu'eût été placé le maître général de la milice, le préfet du prétoire demeurait son supérieur, le commandant de toutes les armées de l'Empire romain restait moindre en dignité que le juge éminent de cet Empire2, et, à lui qui n'était <ju'un chef de soldats, il fut longtemps interdit d'aspirer au consulat, à cette souveraineté mystique du peuple romain3. — Mais on ne put toujours observer cette règle : les empereurs durent céder devant l'insistance des maîtres de la milice*; Mérobaud, Bauto, Ricomer et d'autres devinrent consuls, il n'y eut plus, entre eux et les préfets, qu'une différence de place dans la liste officielle des dignités5. Plus rien n'éloignait ces .généraux francs des ambitions suprêmes : Silvain s'est fait César, Arbogast a créé un Auguste, et la fille de Bauto épousera l'empereur Arcadius6. Quand ils le voudront, s'ils restent à la tête des armées romaines, ils prendront la terre comme ils ont conquis les honneurs.

1. Même les ducs d'armée sous Constance n'étaient que viri perfectissimi, c'està-dire l'équivalent de chevaliers, non sénateurs (Ammien, XXI, 16,2). Il est vrai qu'ils sont devenus à la (In (p. 178) clarissimes et spectables, ce qui les plaçait au-dessus des gouverneurs, et ce qui fut peut-être une des fautes du siècle.

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