‹ Histoire de la Gaule (volume 3)Chapitre 149 sur 473 · XIV. — DANGERS D'USURPATION MILITAIRE · texte numérisé non relu

XIV. — DANGERS D'USURPATION MILITAIRE

Mais rien n'assure pour toujours à l'Empire le dévouement de ses officiers francs, et il peut également se faire qu'on préfère à ces bons serviteurs, éprouvés par un siècle de fidélité, ces rois goths nouveaux venus sur les terres romaines. A ne prendre que des Barbares pour commander aux soldats, c'est faire une loi de l'incertitude du lendemain1.

Contre ces menaces des officiers barbares, les politiques avaient imaginé d'assez médiocres expédients, qui se ramenaient à deux règles principales : la séparation de l'autorité civile et des charges militaires2, la subordination de la milice au prétoire3.

Aucun fonctionnaire du palais ne pouvait prétendre à être général, aucun maître de la milice ne devint préfet*. Depuis Constantin la règle est absolue, et Constance, malgré ses allures de despote, ne cessa point de la respecter 5. — Mais n'était-ce pas habituer les officiers à ignorer les droits et la majesté de cette autorité civile, à laquelle ils ne pouvaient par-

1. Ici, t. VII, p. 152, 310 et s. Voyez la délibération des chefs barbares de Théodose, qui, à la nouvelle du coup d'État d'Arbogast, se demandent s'ils rompront ou continueront le service impérial (Zosime, IV, 56). Opposez à cela l'attitude si loyale et si noble des chefs francs de Valentinien (t. Vil, p. 278 et s., en particulier p. 270, n. 2 et 3, p. 280, n. 5).

2. Ammien, XXI, 16, 2, sous Constance : Nec occurrebat magistro equitum provincix rector [texte qui montre bien que le magister equitum est en principe un commandant régional; cf. p. 18, n. 3, p. 114, n. 1], nec contingi ab eo civile négotiam permittebat. Cf. t. VII, p. 118, n. 6, et p. 151.

3. XXI, 16, 2, sous Constance : Cunctx castrenses ut honorum omnium apicem priscx reverentix more [avant la réforme de Constantin; cf. t. VII, p. 118, n. 6, ici, p. 11, n. 2] prxfectos scmper suspexere prxtorio.

4. Voyez les listes, t. VII, p. 142, n. 6, p. 180, n. 6, p. 233, n. 1, p. 248, n. 1, p. 278, 0.1, p. 322, n.4.

5. De même, sans doute, pour les charges moins hautes; Ammien, XXI, 16, 3 : Valdeque raro conligerat ut miiitarium aliquis ad civilia regenda transiret, etc. Et l'insistance avec laquelle Ammien parle de cette séparation des pouvoirs et des fonctions (cf. n. 2 et 3), montre qu'il y attachait la valeur d'un principe.

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