Cf. p. 5, n
6. C. Thèod., VI, 2, 2fi. Ausone a pu être fait uir clarissimus en même temps que cornes, en tant que précepteur de Gratien (cf. t. VII, p. 249, n. 4). Mérobaud (cf. p. 128, n. 10) a dû entrer dans le sénat par les fonctions militaires (t. VII, p. 279, n. 3).
7. Soit par dons de l'empereur, et il y avait au palais quantité de gens à l'affût des terres confisquées (alienarum rerum avidi, etc., Ammien, XXXI, 14, 3; ici, p. 128, n. 8), et même, au temps des empereurs chrétiens, des biens des temples (Ammien, XXII, 4, 3, spoliis templorum pasti); soit par suite d'efforts personnels, plus ou moins avouables, comme ceux de l'usurpateur (en 280) Procule d'Albenga ou de ses aïeux, domi nobilis sed majoribus latrocinantibus, lesquels ancêtres passaient pour d'origine franque (Hist. Aug., V. Proc, 12-13). Autre, p. 135, n. 4; <T. t. VII, p. 31-32.
8. C'était le cas des curiales ou décurions municipaux, qui voulaient ainsi échapper aux charges locales (p. 41-42). J'ai d'ailleurs peine à croire que cette largesse impériale (nostra largitas, C. Th., VI, 2, 13) fût accordée au hasard, san& l'exercice des fonctions municipales et l'arrivée à une certaine fortune (cf. Code Théod., XII, 1, lois 29, 57, 69, 110, 180, 182. 183).
maison y restait, et le vocable glorieux ne sortait plus de la descendance l.
Dans l'ensemble, je ne crois pas à la très haute antiquité de ces dynasties sénatoriales qui régentèrent la Gaule dans le dernier siècle de l'Empire. Il en était d'elles comme de ces nobles d'épée ou de robe qui apparurent assez subitement dans la France d'Henri IV et de Louis XIII, et qui avaient pour ancêtre quelque bourgeois parvenu, acquéreur de terres et de titres au cours des guerres civiles2. A l'origine des fortunes de clarissimes, de l'orgueil et de la richesse des Paulins3, des Léonces4, des Ferréols5, des Syagrius6, il doit y avoir un fonctionnaire improvisé au temps de la Restauration, ou un heureux spéculateur qui aura profité, pour s'enrichir, des désastres du troisième siècle 7 : « les grands se sont engraissés aux malheurs de l'Empire », disait un historien de l'époque8. Puis, sous Constantin, Constance ou Valentinien 9, ce furent les généraux francs qui, à leur tour, se firent les fondateurs de puissantes maisons, et la Gaule eut alors les lignées de ses Mérobaud 10,
1. Voyez la lignée d'Ausone et celle de Mérobaud (p. 132, et ici, n. 10). C'est ce que signifie l'expression de Sidoine Apollinaire (Carm., 22, 116), verna senatus, « sénateurs nés à la maison ».
2. Cf. d'Avenel, La Noblesse française sous Richelieu, 1901, surtout p. 305 et s.
3. Pour les Paulins (Pontii Paulini), Sidoine Apollinaire ne remonte qu'à un Paulinus, princeps generis, qui paraît avoir été préfet du prétoire en Gaule au cours du iv" siècle, peut-être sous Constantin, et l'aïeul plutôt que le père de l'évèque de Noie (Carm., 22, 117-118). Il a pu profiter de son gouvernement de Gaule pour acquérir et reconstruire Bourg (t. VII, p. 142, n. 6; ici, p. 131, n. 6). — Peut-être est-ce un parent que le Pontius Asclepiodotus qui fut gouverneur des Alpes Pennines (prœses) en 377 (Corp., XII, 138).
4. Pontius Leontius, contemporain de Sidoine, le propriétaire de Bourg, est dit par lui facile Aquitanorum primus (Epist., 8, 12, 5) : il doit descendre de Paulin l'ancien (n. 3), et, par suite, être neveu ou cousin de l'évèque de Noie (p. 131, n. 1).