AMÉLIORATION DU TYPE IMPÉRIAL. H
<lépit de la pourpre, du diadème et des acclamations, on commence à savoir distinguer les usurpateurs des princes qui sont arrivés par les voies légales et pacifiques : Magnence, Maxime et Eugène, malgré les flatteries et les craintes qu'ils ont inspirées, ne resteront que comme « tyrans » dans la série des empereurs '.
Tous ces empereurs, ensuite, ont voulu régner par euxmêmes. Autour d'eux, dans ce palais où s'agitaient des passions innombrables, c'était la bataille pour capter la faveur de prince, à qui deviendrait son ami et exploiterait sa toute-puissance. Cependant, depuis Aurélien jusqu'à Théodose, aucun d'eux n'a abdiqué entre les mains d'un favori ou d'un premier ministre2. Quelques-uns, comme Constance II, ont eu de fort mauvais conseillers et de tristes fonctionnaires 3. Mais l'Empire romain ne revoyait plus le règne d'un Séjan, dépositaire de l'autorité d'un maître invisible4 : il connaissait son souverain, et il le jugeait responsable 5. Les temps ne sont point encore venus, où l'empereur n'est qu'une figure dans un palais6.
Tous ces Augustes encore, et sans exception, savent quel est le devoir d'un empereur, et que c'est, depuis l'origine de l'Empire, de protéger la patrie, de commander aux soldats et de combattre l'ennemi. Théodose et Constance II eux-mêmes, si amis qu'ils soient des moines ou des évêques, ont tenu à se montrer en chefs d'armée7. La plus grande faute que commet-
1. Pour Magnence, t. VII, p. 153, n. 2; pour Maxime, Paneg., XII, 24 et s.; le Panégyriste de Théodose (XII, 45) dira : Pcrtinet ad securitatem omnium sœculorum que Maxime ait subi un châtiment exemplaire. Ajoutez Carausius, t. VII, p. 78, n. 1 .
2. Cf. Paneg., XII, 10. La multiplication des préfets du prétoire et la réduction de leur compétence (cf. p. 29 et s., 17-18, t. VII, p. 118, n. 6) sont sans doute les conséquences de cette politique. Le préfet n'est plus un premier ministre, mais un vice-roi régional. -