Cf. t. IV, p
6. Cf. Grégoire de Tours, llist.. Il, :!.">, ou il montre Clovis désire comme roi par multis ex Galliis; cf. ici, p. 383.
7. Ou des domaine-, fiscaux qui leur étaient originellement confié».
la noblesse des sénateurs romains désire la force d'un pouvoir central et ne rêve que d'unité politique.
Aussi, durant tout le cours du quatrième siècle, n'avons-nous vu en cette noblesse aucune trace de particularisjme local, d'amour-propre de cité ou de province. Elle se sait et se dit noblesse d'Empire, et elle pense et agit en conséquence. Tous ses membres sont des lettrés, pour qui Home est le foyer de l'intelligence1. Ceux qui briguent les fonctions publiques vont où l'empereur préfère : Paulin l'ancien, le fondateur de lîourg, est venu d'Italie comme préfet et fera souche de Gaulois2; son descendant Paulin de Bordeaux, avant d'être évêque de Noie, ira comme gouverneur en Epire et en Campanie3; et son compatriote le fils d'Ausone sera vice-préfet en Orient, où il se mariera, et où naîtra, à Pella en Macédoine, le petit-fils du rhéteur bordelais'. Cette aristocratie s'estime, et à juste titre, la famille des héritiers du sénat romain, ses membres sont liés entre eux par le mariage ou l'amitié ', et, de Gaule en Italie ou d'Italie en Gaule, c'est un échange aimable et joyeux de visites, de lettres, de présents et d'affaires, Un va-et-vient de courriers porteurs de nouvelles et de compliments eu prose et en vers6.
Cette noblesse n'en était pas moins une gène pour l'autorité publique, un danger pour le bon ordre des choses et la liberté
i. Cf. p. 242 et s., t. IV, p. 615.