‹ Histoire de la Gaule (volume 3)Chapitre 165 sur 473 · Ici, p. 130, n · texte numérisé non relu

Ici, p. 130, n

4. Le fils d'Ausone sera, en 375, vicaire du préfet du prétoire en Macédoine (cf. Not. dign., Occ, 1, 34); Paulin de Pella, Euchar., 23; cf. p. 134, n. 4. Autres exemples, p. 136, n. 1, 2, 4, 5.

5. Paulin, parent de Mélanie l'aïeule (p. 134, n. 7), ami d'Ausone et de Sulpice Sévère; autres exemples, p. 136, n. 3 et 5.

6. Voyez en particulier les epislol.-e d'Ausone, de Symmaque et de Paulin.

7. Eu dernier lieu, De Zulueta, Patronage in the later Empire, dans les Oxford Stulics de Vinogradoff, I, 1909.

des hommes1. En s'appuyant sur la terre, elle détenait une force qui peu à peu attirerait tout à elle, que rien ne pourrait abattre et qui survivrait à tous les régimes.

Dès ce moment, elle a cause gagnée dans les campagnes. Paysans et villageois vont à elle comme à la puissance du jour et du lendemain. Des bourgades tout entières se placent sous la protection du sénateur leur voisin, et, par un contrat en bonne forme ou par des paroles solennelles, elles le proclament « le patron du village » et se déclarent prêtes à lui obéir2. Si les. vignerons et les laboureurs de Bourg et de Langon ne sont pas les serviteurs ou les esclaves de Paulin de Bordeaux, soyons sûrs qu'il exerce tout au moins un sérieux droit de patronage sur eux et sur leurs terres 3. En vain, les empereurs protestent et légifèrent : le mal est devenu contagieux au temps de Théodose4, et le village de paysans tend, non pas à disparaître, mais à devenir l'enclave ou l'annexe d'un domaine de clarissime et pour ainsi dire l'ensemble de ses communs du dehors, le groupement de maisons, de granges ou d'ateliers où se réunissent, sous la surveillance du patron, les travailleurs de ses terres5.

1. C'est ce qui me. ferait excuser ou expliquer tant de confiscations ordonnées par les princes (p. 48-9, 137-8, 144), si ces confiscations n'avaient pas eu trop souvent pour but ou pour résultat d'accroître la fortune foncière du prince luimême (p. 48 et s.), ou de créer de nouveaux riches (p. 127, n. 7, p. 128, n. 8).

2. Voyez pour tout cela le titre De patrociniis vicorum, Code Théod., XI, 24, où il semble qu'il s'agisse uniquement de l'Egypte. C'est à cela, entre autres choses, que fait allusion Salvien, De gubern. Dei, V, 8, § 38-44, potentium, quibus se pauperes dedunt : il s'agit de paysans libres et propriétaires, l'expression de paaper n'impliquant pas le moins du monde la misère (p. 165, n. 3). Il est d'ailleurs probable qu'en Gaule le patrocinium vicorum se rattache, par des transitions insensibles, au droit de patronage que les grands seigneurs exerçaient sur les corporations rurales d'artisans, et même, en remontant jusqu'à l'époque de l'indépendance, sur des villages tout entiers, comme Lucter sur Uxellodunum (t. IV, p. 370, n. 5; t. II, p. 7:>-77); et quand Ilirtius nous dit de celte bourgade (César, VIII, 32, 1), oppidum fuerat in clientela ejus, c'est l'équivalent celtique du patrocinium vici. Et une fois de plus, nous constatons bous le Bas Empire le retour pur et simple aux usagf-s des temps gaulois (p. 378, n. 3).

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