‹ Histoire de la Gaule (volume 3)Chapitre 167 sur 473 · Voyez le texte de la n. suiv · texte numérisé non relu

Voyez le texte de la n. suiv

condition, et l'on quittait la cité pour s'installer dans les communs d'un château de sénateur1.

Le maître, en sa villa, tenait une cour quasi royale. Avec ses collatéraux, ses proches et ses alliés, tous sénateurs comme lui, un clarissime, à lui seul, pouvait réunir une manière de curie romaine2. Des centaines de clients, de serviteurs et d'esclaves l'entouraient3. A ses repas, son intendant invitait sans compter parents, amis ou flatteurs du patron, et sans doute les voyageurs de passage4. Sa villa ressemblait à un caravansérail de grande route5, sa table à une table d'hôte. Et la comparaison s'impose d'autant plus, que le château possédait ses courriers, ses chevaux, ses véhicules de tout genre6, et que, tout comme le prince, le grand propriétaire avait sa poste, dont les relais étaient assurés par les villas des clarissimes ses confrères, échelonnées sur les grandes routes de l'Empire7.

11 avait aussi ses soldats, ou du moins ses gardes du corps8. .le ne sais s'ils pouvaient porter déjà lances, épées et boucliers,

1. En interprétant à l'aide des textes relatifs à la désertion des cités, le passade de Salvien, De g. D., V, 9, 45 : Jsti omnes, qui intra fundos divitum recipiunlur, quasi Circœi poculi Iransfigwatione mutantur : nain quos suscipiunt ut extraneos [c'està-dire hospites, clientes] et aliénas [iiKjuilini, aduenœ; cf. p. 45, n. 2], incipiunt habere quasi proprios : quos esse constat ingenuos vertuntur in servos ; et plus loin, Salvien parle de vaslationes atque excidia civitatuin. — Sur la désertion des villes, t. VII, p. 25, ici, p. 171, n. 3. L'insuffisance des spectacles municipaux (p. 229) a pu contribuer à cet abandon des villes.

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