‹ Histoire de la Gaule (volume 3)Chapitre 166 sur 473 · Ici, n · texte numérisé non relu

Ici, n

.'). Cf. le vers de Rutilius Namalianus (I, 223-224) : Alsia prœlegitur tellus Pyrginuc recedunt, nunc vilL-e grandes, oppida parva prius. Remarquez que dans le récit de ce voyage maritime, les villas n'ont pas moins d'importance que les villes.

N'oublions pas que la villa d'un sénateur ressemblait déjà à un château fort : c'est une puissante citadelle que le Bourg de Paulin, elle domine très loin la campagne, les routes et les fleuves, et plusieurs milliers d'hommes peuvent s'y réfugier en toute sécurité \ N'oublions pas non plus que cette campagne peut être infestée de brigands, que des Barbares peuvent arriver par ces routes et des pirates par ces fleuves2. Alors, derrière les murailles de cette villa, ce n'est pas seulement un patron que trouveront les paysans, mais aussi un seigneur pour les protéger et parfois même un capitaine pour les armer et les commander3.

Si des villages entiers, si de vastes groupements humains se précipitaient ainsi dans une demi-servitude, combien d'individus isolés devaient imiter leur exemple, petits propriétaires du voisinage4, journaliers des campagnes à la recherche d'une tâche régulière5, et même ouvriers des villes, qui prévoyaient moins de peine et plus de bien-être à vivre dans la domesticité d'un grand qu'à travailler dans une boutique de rue ou un atelier de fabrique! Et l'on désertait la liberté pour se mettre en

1. Voyez Bourg- et autres villas fortifiées; t. VII, p. 90, n. 8; t. VIII, p. 183, n. 2. Au début du siècle suivant, Claudius Postumus Dardauus, grand propriétaire clarissime des environs de Sisteron, construira des remparts sur son domaine, loco cui nomen Tkeopoli est [Saint-Geniez?ou plutôt Chardavon dans Saint-Genioz? Théous, auquel on a pensé, est absolument impossible : c'est un lieu perdu dans la haute montagne; ce Theopolis est sans doute un village de paysans (une colonia'?), constitué et dénommé par Dardanus] muros et portas luetioni omnium, et, en outre, l'élargissement d'un chemin d'accès, viarum usum caesis utrimque montium lateribus [sur la route de Sisteron à Saint-Geniez, là où a été trouvée l'inscription]; Corp., XII, 1524. C'est peut-être également un burgus sur le domaine d'une villa,

mais cette fois construit par l'empereur, que le burgus iaco [nom de villa]

confiais, de l'inscription de près de Schwaderloch (XIII, 11538). De là, le terme d'oppidum souvent usité pour les villas (p. 132, n. 5). Et peut-être, dans certaines régions plus menacées, enfermait-on de murailles même une partie du terrain; voyez, chez Ammien, XXIX, 5, 13 (en Afrique), fundi in modum urbis (cf. Dessau, 9351).

2. Cf. t. VII, p. 39 et s., 42, 48-9, etc.; ici, p. 105, 110, 111.

3. Privatis viribus publici exercitus speciem collegisse; Sidoine, Epist., III, 3, 7 (Ecdicius en 474). Cf. p. 142, n. 8.

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