Cf. p. 133, n
'3. La moyenne des domaines de la bourgeoisie municipale devait être inférieure. En principe, un décurion doit posséder en propre au moins 2-"> arpents (toi de 342, Code Théod., XII, I, 33), c'est-à-dire un domaine supérieur à celui qu'(n est obligé de cultiver soi-même (il s'agit peut-être des meilleures terres de labour, 25 arpents de ces terres pouvant représenter, au moins en Orient, un juguin ou caput fiscal, p. 37. n. 3). — Le type de la petite propriété de vignes et de vergers est, à Marseille, le bien, agellus, de Paulin de Pella, quatre arpents, av< c maison attenante (Buchar., 528-534). II possède en outre, en ville, une domus urbana avec jardin (527) : c'est peut-être le vrai. type du tout petit propriétaire municipal, du plus humble décurion. — Si les 25 arpents correspondent à 300 sous d'or (p. 140, n. 5), cela mettrait l'arpent à 12 sous d'or, 188 francs (un peu plus de 750 francs l'hectare). — Tous ces chiffres ne peuvent d'ailleurs représenter que de très vagues moyennes, susceptibles de changer suivant les terres, les temps, les régions et les villes.
herediolum. Il avait pourtant 260 hectares, ce qui constituerait aujourd'hui une très belle propriété. Mais la société romaine du Bas Empire ne mesurait pas la richesse foncière au même étalon que nous. Qu'était cette fortune qui s'arrêtait à un millier d'arpents et à une trentaine de familles, à côté de celle d'un Paulin, qui se chiffrait au moins par dix domaines, chacun peutêtre de cinq à dix mille arpents1, par quinze ou vingt mille hectares de terres et quelques milliers de serviteurs?
Au-dessous du bien d'Ausone, qu'est-il besoin d'insister sur ces petites propriétés de quelques arpents, bonnes à peine à soutenir chacune la famille qui la cultivait2? C'était terre de pauvre, et qui ne pouvait même pas assurer à son maître le titre de sénateur municipal 3. Il ne manquait point, d'ailleurs, de biens de ce genre, surtout aux environs des grandes villes, et en particulier de Marseille, dont les plus humbles citadins aimaient déjà à créer leurs jardinets et à disposer leurs vignes sur les flancs ingrats des collines du voisinage*. Mais ce n'était point là faire fonction de vrai propriétaire : pour être un citoyen indépendant, et à peu près sûr des heures du jour, les mille arpents du père d'Ausone lui suffisaient à peine.
Mais ce maître lui-même, tout aussi bien que le propriétaire d'un journal ou d'un lopin, est maintenant menacé de toutes parts : et par le sénateur, s'il en est un qui approche sa terre8; et par le fisc, impitoyable en matière de tribut fon-