Ici, p. 140, n
cier1 ; et par sa cité elle-même, à laquelle il doit son temps s'il est décurion ou magistrat, et dont il partage la responsabilité pour le versement des impôts publics2.
Voilà un autre épisode de la bataille sociale qui se livre à la fin du quatrième siècle autour de la propriété foncière : après la tyrannie du grand domaine et des accapareurs de biens, ce sont les angoisses de la bourgeoisie terrienne. Si elle succombe, elle entraînera dans sa chute et les dernières franchises municipales et l'indépendance de milliers d'hommes, et il faudra renoncer à cette condition souveraine de la dignité humaine qui consiste à ne point souffrir de la misère et à ne point opprimer par la richesse. Et ce sera une nouvelle marque de la faillite de l'Empire romain, que de n'avoir point su J conserver les hommes de la classe moyenne, celle du travail libre et de l'obéissance aux lois.
Une autre menace vient de grandir subitement à l'horizon de la moyenne propriété, celle des biens de mainmorte; et en cela la religion nouvelle est seule responsable, je ne dis pas coupable, car une pensée de bienfaisance est maintenant à l'origine de cette fortune.
Les temples des dieux païens, ceux des campagnes aussi bien que des villes, jouissaient à l'ordinaire d'une certaine dotation en terres et en esclaves : le dieu était assimilé à un propriétaire, et le domaine où était son autel pouvait porter son nom. Il faut se représenter en particulier les grands sanctuaires ruraux
1. Ici, p. 33 et s., p. 40-7; t. VII, p. lo.Salvien insiste tout autant sur les violences du fisc que sur celles des grands (vim exactionis, fugali ab exacloribus; V, 8, 38 et 43).