‹ Histoire de la Gaule (volume 3)Chapitre 180 sur 473 · Ici, p. 39 et s · texte numérisé non relu

Ici, p. 39 et s

3. Lesne, La Propriété ecclésiastique en France aux époques romaine et mérovingienne, 1910. — Sur la mainmorte municipale (qui mériterait une longue étude), p. 00, n. 4, p. 40, n. 4, p. 130, n. 2 et 4, p. 154, n. 3, p. 226-7, p. 229, n. 2, t. VII, p. 268, n. 2, p. 122, n. 1.

de la Gaule, ceuxde Mercure au puy de Dôme, à Herbord ou à Berthouville, ceux de Mars sur le terroir trévire, ceux d'Apollon en Normandie ou aux eaux thermales du pays éduen, comme les centres de vastes propriétés, en tout pareilles à celle d'un sénateur, avec leurs bains, leurs aqueducs, leurs champs, leurs forêts et leurs équipes de travailleurs, esclaves ou à demi libres1.

Mais les empereurs avaient veillé à ce que ces biens de mainmorte ne fissent point concurrence à la propriété individuelle : s'ils acceptaient pour leur compte de devenir les plus riches seigneurs terriens du monde, ils n'admettaient pas une pareille prétention de la part de leurs dieux2. La capacité d'hé- .riter, qui valut à certains collèges tant de richesses, n'était point reconnue à toutes les divinités3, j'entends par là à tous les sanctuaires de(dieux; un domaine religieux relevait, je crois, de la police municipale; et peut-être les prêtres n'en étaientils regardés que comme les régisseurs, et le dieu comme l'usufruitier, la nue propriété restant à la cité4. D'ailleurs, et cela est capital, aucun lien moral ou administratif n'existait, par exemple, entre le Mars des Trévires et le Mars des Allobroges, et il n'y avait pas à redouter la formation de fortunes divines démesurées, s'étendant sur la Gaule entière : le patrimoine d'un dieu demeurait lié à un temple strictement municipal et au territoire même où ce temple était bâti.

Tout allaitchanger avec le Christianisme. La propriété sacrée

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