Paneg., XII, 8 et 9; VI, 13; IX
le présent : la vie et la pensée politiques étaient souvent faites de réminiscences et d'imitations. Or, dans l'histoire impériale, deux noms. dominaient : celui de Néron comme formule d'abomination1, celui de Marc-Aurèle comme symbole de grandeur morale. C'est ce passé, ce sont ces noms, qui ont en quelque manière façonné les types d'Augustes du quatrième siècle. Tous les princes ont eu peur de rappeler Néron; tous ont désiré être comparés à Marc-Aurèle. Le nom de celui-ci est devenu le mot d'ordre sacré du régime impérial : Dioclétien, Julien et Valentinien lui-même, qui ne se ressemblaient guère, se sont fait une loi de l'imiter'2. L'histoire, en perpétuant le souvenir d'un homme de vertu, a peut-être plus servi à éduquer les chefs, que la philosophie oratoire en répétant devant eux l'éloge de cette vertu.
Histoire et éloquence n'étaient que des formes de la littérature : mais à s'imposer ainsi aux empereurs romains, elles rendaient au monde d'inestimables services; elles faisaient l'office d'une religion, office dont se dispensaient trop souvent les prêtres des religions elles-mêmes.