LA DECADENCE DES CORPORATIONS
charges et responsabilités communales ', tandis qu'elles pèsent toutes très lourdement sur les autres.
Cette libération de la solidarité municipale fut une des plus grandes fautes du régime impérial2. Il détachait de la cité les intellectuels, comme il en avait détaché les sénateurs d'Empire; il créait une nouvelle classe de privilégiés, vivant d'une vie distincte au milieu de la communauté citadine; il n'admettait, comme responsables des affaires de cette communauté, que les détenteurs de terres ou de fabriques. C'était donc n'accepter, pour origine du devoir municipal et des obligations bourgeoises, qu'une certaine richesse et des assises matérielles. Ces professeurs, ces médecins, ces prêtres, aimaient d'ordinaire leurs villes et en étaient aimés, ils en étaient la gloire et l'orgueil3, on les admettait au sénat local à côté des décurions effectifs : mais, en vertu des lois, ils recevaient l'honneur sans prendre leur part de la charge*. Pourquoi donc séparer leurs intérêts de ceux de leur ville, et leur laisser ignorer les peines et les misères municipales? L'Empire diminuait ainsi les réserves morales et les ressources matérielles de ces cités à l'aide desquelles il s'était élevé et qui constituaient encore l'élément leplus durable de sa force.