I. — INSECURITE GÉNÉRALE
Les gens sans aveu prenaient aisément leur revanche sur la société aux heures de troubles que leur fournissaient les invasions germaniques ou les révolutions impériales. Jamais les Barbares n'auraient pu faire autant de ruines, si les bandits ne les avaient pas aidés à piller; et ils ne seraient pas revenus si souvent, ni passé la frontière au bon moment, s'ils n'avaient eu pour complices des hommes du pays1. Dès qu'une bande de Germains apparaît, il se forme quelque part une bande de brigands pour la rejoindre2. Dès qu'une armée de guerre civile se met en marche, on voit surgir quelque part une troupe de Bagaudes, soit pour lui prêter main-forte3, soit pour se faire payer le passage4.
1. Voyez la loi de 323 (Code Thèod., VII, 1, 1) : Si quis barbaris scelerata factione facultalern deprxdandi in Romano [solo] dederit, vel si qais alio modo faclam diviserit.
2. Cf. Ammien, XXXI, 6, 5-7; Zosime, V, 22, 6; cf. p. 238, n. ;{.
3. Cf. Sozomène, IX, 11, P. Gr., LXVII, c. 1620 : IlXr,6o; àypotxwv x«\ oîxeTdiv roXXiÇavTtf (Didymus et Vérinianus en 407-408 contre l'usurpateur Constantin).
4. Cf. Zosime, VI, 2, 10, à propos d'un général de l'Empire au temps de la