‹ Histoire de la Gaule (volume 3)Chapitre 220 sur 473 · INSÉCURITÉ GÉNÉRALE · texte numérisé non relu

INSÉCURITÉ GÉNÉRALE

Même en temps de paix, l'insécurité est permanente* en cet Empire où tous les êtres sont si bien classés, où toutes les choses sont si rigoureusement inventoriées. Sur les routes de poste2, en dépit des courriers qui circulent, des soldats qui veillent, des fortins qui se dressent3, des relais ou des gîtes qui se présentent tous les douze milles1, les détrousseurs de grand chemin savent l'heure du coup qui réussit5. Ce coup, c'est le passage d'un riche sénateur ou d'un haut fonctionnaire. Une fois, ils tombèrent à propos sur un parent du prince, grand écuyer à la cour, et ils le laissèrent mort sur la place, non sans avoir fait main basse sur un beau butin : et ce fut sous l'empereur Valentinien, qui n'était pas très loin de là, et qui passait pour le plus sévère des empereurs6. Car même de son temps, disait un de ses admirateurs, la rage des brigands ne cessa de sévir dans les Gaules7. Sans la nécessité d'une incessante bataille à livrer au banditisme8, comprendrions-nous ces postes innombrables qui garnissent les routes, ces flottilles de rivières, ces murailles sur les Alpes9? On voit que la Gaule est à défendre ou parfois même à reconquérir, morceau par morceau, sur des bandes de pillards.

Les villes elles-mêmes vivaient dans une inquiétude perma-

guerre contre Constantin en 407-408 : Ttjv >e;av Sua-rav Swpr.uiaevo; -roîç ntç\ xà; "AXtoiî à7iav7r,aaa;v aùrcô BaxavSat;.

l.Per Gallias latrociniorum rabies scatebat in perniciem multorum, observons célèbres vias; Ammien, XXVIII, 2, 10. En 369.

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