‹ Histoire de la Gaule (volume 3)Chapitre 226 sur 473 · Cf. t. V, p. 221, n. 6; ici, p. 184, n · texte numérisé non relu

Cf. t. V, p. 221, n. 6; ici, p. 184, n

5. Dans la villa de l'ager Octavianus près de Narbonne, de la mer et de l'Aude; Sidoine, Ep., VIII, 4, 1 ; à Bourg, Carm., 22, v. 150 et s., 204 et s. ; à Avitacus, Epist., II, 8, 10 et s.

6. T. VI, p. 203-4. Mais je crois que tout cela, superbe en poésie, était peut-être de dimensions assez exiguës : voyez à Jublains, où les pièces, en particulier celles des thermes, sont d'étendue fort réduite. Et les descriptions de Sidoine ne donnent pas non plus une impression de grandiose. Cf. dans les villes, p. 228, n. 2.

7. A Bourg, Sidoine, Carm., 22, p. 211 et s.; je me demande s'il ne faut pas lire (v. 215) Montem Lauri, et songer à Lormont, qu'on pouvait en effet apercevoir du sommet de Bourg. Terrasse à Avitacus, où l'on peut se livrer prospiciendi voluptatibus (Sidoine, Epist., 2, 2, 11). Haute tour dans une villa sur la Moselle (Ausone, Mos., 328-330). Cette préoccupation, du plaisir d'un horizon étendu, est d'ailleurs nettement indiquée par Ausone, felix speculatio(Mos., 324-6). — Sur la combinaison de l'élément civil et de l'élément militaire dans les villas du Bas Empire, cf. Swoboda, Bœmische und ftomanische Paluste, Vienne, 1919, p. 154 et s., et p. 241.

Dans cet asile de tranquillité, la bonne chère était une des conditions de la vie joyeuse; et en cela encore le clarissime gaulois des derniers jours de l'Empire resta fidèle à la tradition sénatoriale1 et un gourmet de race. Le vin2, le gibier3, les huîtres4, surtout les poissons de tout genre5, encombraient sa table, elle aussi conforme au rituel gastronomique des temps antonins 6. C'est un grand seigneur du quatrième siècle, Ausone de Bordeaux, qui a fait connaître, en vers de sa façon, toutes les variétés d'huîtres de la Gaule, toutes les espèces de poissons de la Moselle, et le goût particulier des unes et des autres7. Quand on s'invitait de sénateur à sénateur, c'était, écrivait-on, pour lutter à table, en la mêlée plaisante des appétits et des dégustagess. La Gaule passait, dans l'Empire, pour le pays des repas plantureux et de la cuisine savoureuse, et, entre toutes ses provinces, disait-on encore, c'était celle de Bordeaux qui savait le mieux manger 9.

On se préparait à ces joutes par de violents exercices de corps, et c'était sans doute la seule chose que le seigneur concédât à l'esprit militaire. Il aimait les jeux de force et d'adresse, et la balle triomphait déjà sur les palestres ou sur les terrasses des jardins 10.

1. Cf. t. V, ch. VI, § 7. Mensa opulenta, nitens, Paulin de Pella, Euclu, 206-7; mensa nitens, Ausone, Prof., 2, 33; nitore victus, id., Par., 10, 7. L'exprossion de nitens était donc consacrée.

2. Ausone, Urbes, 129; Mos., 21 et s.; Paulin de Pella, ici, p. 193, n. 2. P. 192-3.

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