‹ Histoire de la Gaule (volume 3)Chapitre 238 sur 473 · Julien, Misopogon, p. 341, Sp., gjwtsXoî àyaOr · texte numérisé non relu

Julien, Misopogon, p. 341, Sp., gjwtsXoî àyaOr

séjourna, fut homme à comprendre la noblesse des vins de la Gaule comme à jouir du charme qui se dégageait de sa terre1. Aussi, de quel œil jaloux on observait ces vignobles, annonciateurs de tant de joies et de richesses! Un grand seigneur aimait à vivre au milieu d'eux, et il ne laissait même pas toujours à son intendant la tâche de veiller à leur santé : car on soignait les vignes presque comme des enfants, et un clarissime bordelais avait parfois la tristesse de les voir tomber malades et la fierté de les guérir lui-même2.

Ce retour des hommes à la terre ramenait le monde gaulois à quelques-unes de ses plus vieilles habitudes de travail et peutêtre à la loi normale de son activité. Il comprit que le meilleur moyen de ne pas craindre la famine n'est point dans la circulation des grandes routes et le libre échange avec de lointaines provinces, mais dans l'exploitation sévère et suivie de ses ressources naturelles. La Gaule, avant César, s'était suffi à ellemême3 : sa terre ayant gardé toute sa valeur, rien n'empêchait qu'elle reprît une subsistance autonome, la pleine indépendance de sa vie matérielle4.

Par contre-coup, et tout ainsi qu'au temps de la liberté, les hommes se détournèrent de l'activité industrielle5, vers laquelle ils s'étaient si ardemment portés entre l'époque de Caligula et celle des Sévères6. Toutes les grandes manufactures à ambi-

i. Cf. t. vu, p. 205-206.

2. Paulin de Pella, 196 et s. : Fessis celerem properavi inpendere curam vinetis conperta mihi ratione novandis. Cf. purgare vitem, dans Epigr. Paulini, 26.

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