‹ Histoire de la Gaule (volume 3)Chapitre 244 sur 473 · Cf. t. V, p. 279, p. 189, n. 4; t. VI, p. 133, n · texte numérisé non relu

Cf. t. V, p. 279, p. 189, n. 4; t. VI, p. 133, n

10. Manufactures surtout aux abords du Rhin et dans la première moitié du

Car, depuis que le règne des empereurs syriens a mis le verre en honneur, jamais il n'a été plus populaire1 : c'est à lui, et non plus à la poterie, qu'on demande les coupes les plus élégantes, les vases aux formes les plus étranges, les médaillons les plus délicatement ornés d'images2. Il fait le luxe des maisons les plus opulentes et la coquetterie des tombes les plus pauvres3. Mais les maîtres verriers de la Gaule4 ne paraissent pas avoir travaillé pour l'exportation ni même pour de lointains clients. De Trêves, de Reims, de Cologne, de Lorraine ou des Vosges, où doivent être leurs ateliers principaux5, leurs produits ne cherchent guère à fréquenter que les provinces de leur résidence ou de leur voisinage, celles de Belgique ou de Germanie. Plus loin en Gaule, si le verre conserve toute sa vogue, les producteurs locaux cèdent souvent la place à la concurrence de la camelote étrangère, apportée par les mercantis d'Orient6. Et

iv' siècle. Voir à ce sujet les remarques de Morin-Jean (article Vitrum dans le Dict. des AnL, et voyez son livre, t. V, p. 290, n. 2); il signale pour cette époque : coupes gravées et dorées à sujets chrétiens (la coupe d'Honiblièros [Abbeville], au Louvre, au Christ et aux scènes bibliques; celle de Vermand, au Musée Lécuyer à Saint-Quentin, à la résurrection de Lazare: celle du Vieil-Aire à Boulogne, au sacrifice d'Isaac [Corpus, XIII, 3559]) ; bouteilles (lagenx) en verre soufflé ; ciboires à l'imitation des vases d'argent; balsamaires en forme de singes [antérieurs?] ; verres à reliefs rapportés (coquilles ou poissons) ; bols et ciboires à fils de verre ou cabochons multicolores appliqués; diatrètes de luxe ou vases à résilles de verre. Ajoutez les fioles fusiformes à usage funéraire (n. 6, et t. V, p. 293, n. 3). — Les textes de lois distinguent les verriers ordinaires (vitrarii) et les artistes en verres fins (diatretarii) ; C. Th., XIII, 4, 2. — On a continué l'usage des verres de vitre plus ou moins colorés (Sidoine, Epist., II, 10, 4).

1. Les usages chrétiens ont dû contribuer à répandre l'emploi du verre, en particulier pour l'huile (voir la description d'une ampulla chez Sulpice, Dial., III, 3). Et la vogue religieuse du verre alla si loin, que les Chrétiens en arrivèrent à incruster de verroteries leurs sarcophages (Le Blant, Les Sarcophages chrétiens de la Oaule, p. 139).

2. Cela a été très nettement constaté dans les fouilles des nécropoles du siècle (p. 200, n. 3).

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