‹ Histoire de la Gaule (volume 3)Chapitre 27 sur 473 · Prœfectus prœtorio Galliarum; Occ · texte numérisé non relu

Prœfectus prœtorio Galliarum; Occ

48 l'autorité publique.

administre également la Bretagne et l'Espagne, il est vrai en se faisant représenter par des vicaires à Londres1 et à Séville2. Lui-même réside à Trêves. Et il y a, près de lui, pour commander aux soldats, un maître de l'armée des Gaules3.

Même lorsque les empereurs d'Occident séjournaient à Milan,, même lorsqu'il n'y avait qu'un Auguste pour tout l'Empire, ces deux dignitaires supérieurs ne pouvaient quitter Trêves* ou la

1. En supposant que le vicarius Britanniarum (Occ, 23; 3, 4) réside à Londres (t. VII, p. 83, n. 7, p. 239, n. 1 ; Ammien, XX, 1,3; XXVIII, 3, 1) plutôt qu'à York.

2. En supposant que ce soit la résidence du vicarius Hispanix ou Hispaniarum (Occ, 21 ; 3, 2; C. Tliéod., III, 5, 6). La Tingitane est rattachée à ce vicariat et par suite au prétoire des Gaules.

3. Il m'a semblé, d'après les textes historiques (t. VII, p. 118, n. C, p. 113, n. 1, p. 165, n. 4, p. 170, n. 2, p. 187, n. 2, p. 201, n. 3, p. 224, n. 7, p. 227, n. 2, p. 237, n. 2 et 3, p. 279, n. 2, 3 et 4, p. 280, n. 3, p. 292, n. 3, p. 308, n. 3, p. 309, n. 1 et 2, p. 317, n. 2), que Constantin n'a créé qu'un maître supérieur de la milice, avec le titre de magister peditum (equitum etpeditum); que lui, ou Constance, ont constitué au-dessous de lui des magistri equitum, mais en très petit nombre, deux ou trois tout au plus; qu'en fait, malgré la prééminence honorifique du magister peditum, celui-ci et les magistri equitum se sont dès lors partagé les armées et les grands districts de frontière; qu'ainsi la Gaule (avec ses annexes) a toujours servi de ressort à un magister, en principe à un magister equitum, et toujours à un maître de ce nom lorsque l'empereur ne réside pas à Trêves, le magister peditum étant essentiellement prxsentalis, c'est-à-dire présent au palais et en principe contrôleur général de l'armée. Il est possible que dans certains cas un magister equitum ait reçu le titre plus honorifique de magister armorum (t. VII, p. 224, n. 7, p. 227, n. 2, p. 237, n. 3). On trouve aussi, pour la maîtrise supérieure, dans des cas difficiles à distinguer, l'appellation de magister militum, magister utriusque militix : il est d'ailleurs fort possible qu'il n'y ait là que des expressions purement littéraires, le titre officiel de cette maîtrise d'ensemble paraissant avoir été magister equitum [en premier] etpeditum (cf. Code Théod., p. clxxxv-vi; Dessau, 111, p. 491).

— Théodose a certainement augmenté ces maîtrises, mais moins que ne le laisse entendre Zosime (IV, 27, 2-3). En Occident, la Notitia donne alors deux magistri in prxsenti ou prxsentales, Van peditum, l'autre equitum (Occ, 5 et 0), et un magister equitum Galliarum [forme incorrecte? cf. p. 17, n. 5] ou per Gallias (7, 03, 111 et 106; 1, 7), lequel est évidemment le chef de toute l'armée des Gaules (si ce n'est que les troupes ou prxpositurx de police intérieure, en particulier flottilles fluviales, Lètes et Sarinates, semblent placées sous l'autorité directe du magister peditum prxsentalis; Not., Occ, 42; ici, p. 109-111, p. 84, n. 3, p. 82, n. 3, p. 83, n. 4, p. 85, n. 2, p. 105, n. 1).

— Il est probable que le maître de la milice eu Gaule avait une réelle autorité sur les autres chefs utilitaires que la Aotitia indique en Occident: le cornes de l'intérieur dr. l,i Hretagne (tomes Britanniœ), celui de sa défense maritime (cornes Uttoris Saxonici per Britannias), le duc de sa frontière de terre (dux Britanniarum),. le cornes Hispaniarum (Occ, 7, 118) et le cornes Tingitani;r. Pour son autorité sur la lln-iagnc, ammien, XX, 1, 2: XXVII, 8, 3. — Sur la question des mattres de la milice, outre les ouvrages cités p. 71, n. 1, p. 14, n. 3, p. 58, n. 8, voir Boak dans Harvard Studies in classical Philology, XXVI, 1915, p. 117 et 8.

4. Il est possible que le maître de la milice ait résidé à Reims (p. 103, n. 5).

Gaule. La division du monde en quatre ressorts d'armée et de gouvernement", imaginée par Dioclétien cent ans auparavant1, avait survécu au régime éphémère de la tétrarchie princière et s'était imposée à tous les systèmes politiques qui l'avaient suivie. La Gaule peut perdre son empereur, et il semble bien que telle soit la volonté de Théodose : elle n'en gardera pas moins son préfet du prétoire et son maître de la milice, sa viceroyauté civile et le général en chef de ses armées.

Elle conservait par là même une ville capitale, Trêves aujourd'hui et Arles demain2. Mais c'était une capitale déchue, sans doute pleine du regret des séjours impériaux. Les services du prétoire et de la milice occupaient à peine quelques centaines d'hommes, enfermés dans leurs bureaux3. Qu'était-ce à côté de cette multitude tumultueuse et bigarrée, de ces milliers de gardes, de pages, de chambellans, de courriers, de dignitaires et de prêtres qui s'entassaient jadis dans ces rues montantes, de la Moselle ou du Rhône au palais impérial! Il manquera désormais à la Gaule la cité souveraine et triomphale qui avait fait la gloire de son récent passé et que méritait toute son histoire.

Le prétoire des Gaules était divisé en quatre ressorts, appelés des « diocèses » '% deux en dehors de la Gaule, ceux de Bretagne et d'Espagne 5, et deux en Gaule même, l'un pour les pays au nord de la Loire et du Rhône, Germanie, Belgique et Lyonnaise6,

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