‹ Histoire de la Gaule (volume 3)Chapitre 288 sur 473 · I. — L'INTELLECTUALISME DE LA NOBLESSE · texte numérisé non relu

I. — L'INTELLECTUALISME DE LA NOBLESSE

Ces grands seigneurs qui possédaient la terre et régentaient la société, formaient aussi l'élite intellectuelle du monde romain. Aucune aristocratie dans l'histoire n'est arrivée à une telle valeur de l'esprit. Elle voulut gouverner par la rhétorique et la doésie au même titre que par la richesse et les honneurs ; le culte des lettres était pour elle une vertu de Romain, un des éléments de son patriotisme, et, de même que Julien avait mis le meilleur de sa foi religieuse dans l'adoration des œuvres de l'hellénisme et l'hommage aux poèmes d'Homère2, de même les clarissimes de Gaule regardaient comme un devoir civique d'imiter Cicéron et de copier Virgile. La littérature était devenue l'asile suprême

1. Histoire littéraire de la France, I, 1733, II, 1705; Boissier (t. VII, p. 3, n. 1); Schaaz, Qeschichte der Rctmischen Litteralur, IV, I, 1904; Teufîel, Rœmische Literatur, III, 6° éd., 1(J13 (la 7" va paraître); Roger, L'Enseignement des lettres classii/ues d'Ausone à Alcuin, 1905; Piclion, Les derniers Écrivains profanes [il ne s'y agit que de la Gaule], 1906; Haarhoff, Schools of Gaul, 1920; autres, t. VI, p. 104, n. 1.

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