Cf. p. 18, n. 1 et
G. Diocensis Galliarum habet provincias numéro VIII (liste de Vérone, § 8) : les deux
20 l'autorité publique.
l'autre pour les terres du Midi, Aquitaine, Narbonnaise et Alpes de la mer1. De Trêves, le préfet administrait directement -
Germanies, les deux Belgiques, les deux Lyonnaises, la Séquanie et la province des Alpes Grées et Pennines.
1. Diocensis Biennensis habet provincias numéro VII (id., § 9) : Viennoise, les deux Narbonnaises, les deux Aquitaines, la Novempopulanie, les Alpes Maritimes. — L'expression de Viennensis n'est pas restée pour ce diocèse, à cause du nom similaire de la province de Vienne. A la place, nous trouvons l'expression de Septem Provinciœ, peut-être dès 396, si la suscription des Actes du concile de Nîmes est authentique (episcopis per Gallias et Septem Provincias ; Hefele-Leclercq, II, I, p. 92), en tout cas à partir de 400 (Code Théod., I, 15, 15; NoL, Occ, i, 28; 3, 3; 22; Not. Gall., 1 1 ; Corp. inscr., VI, 1678 ; etc.), et toujours dans l'ordre administratif (vicaire du préfet). — Mais à côté de cette expression, nous trouvons avant cette date celle de Quinque Provinciœ, également dans l'ordre administratif (Corpus, VI, 1729, sous Constance; loi de 399, XVI, 10, 15; concile de Valence en 374, Mansi, III, c. 491; lettre de Maxime à Sirice en 385, Patr. Lat., XIII, c. 592; Symmaque, vers 396-397, Epist., IV, 30, p. 108, Seeck; concile de Turin de 401, Babut, p. 223); et nous la retrouvons dans la Notitia, vers 400, appliquée à un district financier (Occ, 11, 18; 12, 14; ici, p. 33, n. 2, p. 48, n. 6). De toutes manières, il s'agit du Midi de la Gaule. On peut supposer trois choses pour expliquer ce chiffre de V et la contradiction avec celui de VII : 1° ou que ces 7 provinces auront été regroupées en 5 après 297 (suppression de la Seconde Narbonnaise? transfert à l'Italie des Alpes Maritimes?), pendant un temps assez long pour que le chiffre de V ait pu se fixer; 2° ou que, malgré le nombre de 7 provinces, on aura dit V Provinciœ en souvenir du temps où ni l'Aquitaine ni la Narbonnaise n'étaient point encore dédoublées (cf. p. 21, n. 4), et que ce dédoublement doit se placer bien après 297, la liste de Vérone, qu'on attribue à cette date, pouvant être interpolée ; 3° ou encore qu'après cette date de 297 deux provinces (par exemple les Aquitaines?) auront été rattachées au reste de la Gaule. De toutes manières, la dénomination administrative de VII Provinciœ, lorsqu'on l'aura introduite, ne se sera pas appliquée à l'ordre financier, soit que deux provinces aient été laissées au ressort des Gaules en matière fiscale, soit qu'elles soient restées au ressort financier des V sans que celui-ci ait changé son nom. — Il semble que les écrivains aient parfois employé Aquitania dans le même sens que Fou même VII Provinciœ : comparez au texte de la lettre de Maxime à Sirice (P. L., XIII, c. 592) celui de sa lettre à Valentinien II (id., c. 592); et voyez Filastre, Div. hœr. liber, § 56, p. 45, Marx, et la Vie de sainte Mélanie (ici, p. 134, n. 9). C'est ce diocèse que signifie Jérôme (Epist., 75, § 3, P. /.., XXII, c. 087), eas partes per quas Rhodanus et Garumna Jluunt. — Sur ce problème, qui a agité les anciens érudits, Godefroy, VI, p. 313 et s.; Bœcking, Occ, p. 470 et s. ; etc. ; et les ouvrages cités à la fin de la n. 4 de la p. 21. 2. Ce fait d'administration directe d'un district par un très haut personnage, n'est point rare dans l'Empire : il semble bien qu'au temps do la Notitia le préfet ou son vicaire administrât directement la Belgica Prima ou province de Trêves (Occ, 22, 26, où manque dans les manuscrits le consularis de celte province (il se trouve dans le répertoire initial; 1, 73], que les éditeurs ont eu le tort d'y rétablir). De même, Julien comme César obtint de Florentins, le préfel du prétoire des Gaules, la disposilio de la Secunda Belgica (Ammieu, XVII, 3, 0; cf. t. Vil, p. 208, n. 6); et il est possible que Florentius, lui, eût l'administration directe de la Prima Belgica. Cela évitait des concurrences d'autorité, à la manière dont le préfet d'aujourd'hui n'a pas de sous-préfet dans son arrondissement. — H faudrait revoir à ce point de vue la fameuse question de Vadministratio de la Secunda Belgica
le diocèse du Nord ' ; pour l'autre, il se faisait représenter à Vienne2 par un vicaire, que désignait l'empereur3.
Le préfet et son vicaire se partageaient donc les provinces de la Gaule, lesquelles, au temps de Théodose, étaient au nombre de dix-sept4. C'était deux fois plus que n'en avait formé Auguste5 : mais l'une des premières mesures prises, un siècle auparavant, par les restaurateurs de l'Empire, avait été d'augmenter le
confiée à Clovis (lettre de saint Rémi, dom Bouquet, IV, p. 51; correction de Huillard-Bréholles, dans Acad. des Inscr., C. r., 1870, p. 283).
1. Gela ressort de l'absence régulière d'un vicarius pour le diocèse des Gaules. Mais inversement, le vicaire de Vienne ou des Sept Provinces, dans la Notitia, remplace le préfet pour toutes les 17 provinces de Gaule (Occ, 22).
2. Plutôt qu'à Arles; p. 20, n. 1. Le rôle de Vienne, comme résidence de chef du prétoire, résulte encore du fait que Florentius s'y installe sous Julien (cf. t. VII, p. 206, n. 4; cf. ibid., p. 183-4, 226, p. 320, n. 3).
3. L'empereur nommait tous les judices, y compris les gouverneurs, quel que fût leur rang (p. 26, n. 2).
4. Chiffre de la Notitia dignitatum (Occ, 22), qui correspond à celui de la Notitia Galliarum, en principe contemporaine (édit. Mommsen dans les Chronica minora des Monumenla Germanise, I, 1892), mais surtout à caractère religieux, sinon peutêtre à l'origine, du moins dans ses transmissions successives. La liste de Vérone, sous Dioclétien (cf. p. 19, n. 6, p. 20, n. 1), ne donne que 15 proviuces : car il n'y avait alors que deux Lyonnaises au lieu de quatre. La liste dite de Polémius Silvius (édit. Mommsen, ib., p. 537-8), dont il est difficile de fixer la date, semble
. accepter le chiffre de 17. Mais Ammien, qui termine son ouvrage en 378, dans le tableau qu'il fait de la Gaule en 355, ne connaît que deux Lyonnaises et une Aquitaine, il semble ne parler que d'une Narbonnaise, il ne cite pas Aix, métropole de la Seconde, et il ne mentionne pas (sans doute par mégarde) les Alpes Maritimes, soit, pour lui, de 12 à 14 provinces (XV, 11, 11-14; XVIII, 1, 4; XXII, 1, 2; cf. p. 22, n. 4); de même, dans le De Synodis d'Hilaire, écrit en 358, il n'est question que d'une Narbonnaise et môme que d'une Aquitaine [mais ici il y a incertitude dans les manuscrits; l'un d'eux porte Aquitanicse Primœ]; de même encore, Ruflus Festus (Breviarium, § 6, édit. Fœrster, 1874), qui écrit vers 369, ne parle que de 14 provinces, en ne mettant qu'une seule Narbonnaise et que deux Lyonnaises. Il semble enfin qu'il soit question de deux Narbonnaises au concile d'Aquilée en 381 (Mansi, III, c. 015). — C'est, je crois, sous Maxime, vers 385-386, que la Lyonnaise Première (Lyon) a été dédoublée en Première (Lyon) et Senonia (ou Quatrième Lyonnaise; Sens), et la Seconde (Rouen plutôt que Tours?) en Seconde (Rouen) et Troisième (Tours). Cf. t. VII, p. 273, n. 2. — Je crois possible qu'à un certain moment (voyez Ruflus et Ammien, l. c), peut-être sous Valentinien et Gratien, on ait réuni à la Viennoise la Seconde Narbonnaise ou province d'Aix, insignifiante comme étendue, cités et métropole (voyez p. 22, n. 2), et cela expliquerait les conflits ecclésiastiques et l'incertitude où l'on était sur l'étendue de cette province (t. VII, p. 305, n. 3). — Sur cette question, cf. Mommsen, G. Schr., V, p. 5G1 et s. (écrit en 1862); Kuhn dansiVeue Jahrbûcher fur classische Philologie, CXV, 1877, p. 697 et s.; Czwalina, Ueber das Verzeichnis, etc., progr. de Wesel, 1881; Ohnesorge, Die Rœmische Provin:-liste, progr. de Duisburg, 1889; Bury dans The Journal of the Roman Studies, XIII, 1923, p. 127 et s.; etc. 5. Cf. t. IV, p. 68 et s., p. 413 et s.
nombre des gouverneurs, pour diminuer l'étendue de leur ressort et rendre leur autorité à la fois moins vaste et plus efficace1. De la Narbonnaise on avait fait trois districts, dont les centres étaient à Aix 2, à Vienne 3 et à Narbonne * : car, si Arles était résidence d'empereur ou de préfet, elle n'était pas encore, par une bizarre anomalie, chef-lieu de gouvernement5.
i . Lactance, De m.p.,1: Provinciœ in frusta concisx. Le morcellement (sauf exceptions, p. 21, n.4)eut lieu avant 297, date que l'on veut assigner à la liste de Vérone (p. 19, n. 4). — Il est fort possible que l'origine de ces nouvelles provinces soit dans des districts administratifs et surtout fiscaux qui auraient existé dans les anciens gouvernements (t. IV, p. 416, n. 2) : c'est en tout cas ce qui est arrivé pour la Novempopulanie (cf. t. IV, p. 69 et 447). Au surplus, la plupart de ces nouvelles provinces semblent rappeler d'anciennes relations, religieuses ou autres, des temps de l'indépendance, qui ont pu se conserver à l'époque romaine et dont les empereurs ont peut-être tenu compte (voyez les notes des p. 22-24).
2. Narbonensis Secunda, avec 7 civïtates : Aix (métropole), Apt, Riez, Fréjus, Gap, Sisteron, Antibes : c'est surtout l'ancien pays des Salyens (t. II, p. 509, 512-4; Ammien, XV, 11, 15) et la région de la Méditerranée et de son arrière-pays montagneux, si ce n'est que Marseille et Arles (à la Viennoise) n'en font point partie. — Il serait possible que la Seconde Narbonnaise de Dioclétien, si elle date de ce règne, n'ait pas eu alors les limites que nous lui connaissons en 400; cf. p. 20, n. 1, p. 21, n. 4, t. VII, p. 305, n. 3.
3, Viennensis, 14 civitates; c'est la plus riche des provinces en cités, civitatwn exultât décore multarum (Ammien, XV, 11, 14) : Vienne, Genève et Grenoble, les trois cités allobroges (cf. t. IV, p. 595); Aps des Helviens ou Vivarais; puis les cités voconces, cavares ou autres, de Valence, Die, Vaison, Trois-Châteaux (Tricaslini), Orange, Garpentras [omise à tort dans les anciens mss de la Notitia Galliarum; si elle a été réunie à Cavaillon, comme on le suppose, c'est pendant un laps de temps assez court], Cavaillon, Avignon; enfin Arles et Marseille. C'est proprement la province du Rhône, et, à peu de choses près, l'équivalent du district militaire et naval de la Gallia Riparensis (t. VII, p. 54, n. 7). Remarquez que la Viennoise, allant de Vienne à Marseille, sépare complètement l'une de l'autre les deux Narbonnaises (n. 2 et 4) : et ce sont probablement les nécessités militaires de la défense du Rhône et des rivages qui ont dû amener cette étrange constitution provinciale. — Le fameux Claudius Postumus Dardanus, grand propriétaire près de Sisteron [en dehors de la Viennoise, en Narbonnaise Seconde], fut consalaris Viennensis vers 400 (Corp., XII, 1524).
4. Narbonensis Prima, qui est faite uniquement et exactement avec les 5 cités volques du Languedoc (cf. t. II, eh. XIV, § 12) : Narbonne, Toulouse, Béziers, Nîmes etLodève; la création des deux petites cités maritimes Agde et Maguelonne (celle-ci, héritière de la colonie de Sextantio; t. IV, p. 347; Not. Gall., 15) est sans doute postérieure à l'Empire, et, à l'origine, peut-être de but ecclésiastique. — Remarquez que les créations ultérieures d'évèchés dans cette province, Agde, Maguelonnc, Elne (territoire de Roussillon; t. IV, p. 354), Carcassonne, ne feront que rétablir l'ancienne géographie municipale (cf. t. IV, p. 596). — Ammien cite deux gouverneurs do la Narbonensis (sans numéro) : Numerius, vers 357 (XVIII, 1,4); Aprunculus Gallus, peu après 361 (XXII, 1, I).