‹ Histoire de la Gaule (volume 3)Chapitre 30 sur 473 · Cf. n. 3, et p. 20, n · texte numérisé non relu

Cf. n. 3, et p. 20, n

L'Aquitaine ' avait donné naissance aux provinces de Bordeaux2, de Bourges3 et d'Eauze*; de la Lyonnaise étaient sorties tour à tour3 celles de Lyon6, de Sens7, de Tours8 et 4e Rouen9; la Belgique avait été partagée entre Trêves10 et

1. L'Aquitaine nous apparaît toujours comme dédoublée dans les listes (p. 21, n. 4). Cependant, sous Constance, elle semble former un seul gouvernement avec Saturninius Secundus [le préfet du prétoire d'Orient Salutius Saturninius Secundus, t. VII, p. 231, n. 2] comme gouverneur, prseses provincise Aquitanicœ (Corpus, VI, 1764); et remarquez qu'Ammien, pour le môme règne, ne parle aussi que d'une Aquitaine (XV, H, 11), et, de même, peut-être Hilaire (p. 21, n. 4).

2. Aquitanica Secunda, avec 6 cités : Bordeaux, Agen, Angouléme (cf. t. IV, p. 596), Saintes, Poitiers, Périgueux. Ce sont les cités les plus voisines de l'Océan.

3. Aquitanica Prima, avec les 8 cités de Bourges [mise en Lyonnaise par Ammien, XV, 11, 11; sans doute à tort], Arverni, Rodez, Albi (t. IV, p. 595), Cahors, Limoges, Javols, Vellavi (Saint-Paulien; cf. p. 217-8). Ce sont les cités de l'intérieur, l'ancien territoire (sauf Bourges) de l'hégémonie arverne (t. II, p. 440). — Le fait que l'Aquitaine de Bourges porte le titre de Prima, semble indiquer qu'au moment où la grande Aquitaine fut dédoublée, elle avait Bourges pour métropole, et non plus Bordeaux (cf. t. IV, p. 420, n. 3). Et peut-être Bordeaux a-t-il été déchu de son titre à la suite de l'usurpation de Tétricus (t. IV, p. 586).

4. Provincia Novempopulana, avec 12 cités : Eauze pour métropole, Dax, Lectoure, Convcnse (Saint-Bertrand-de-Comminges), Consoranni (Saint-Lizier), Boates (Buch), Benarnenses (Lescar), Aire (cf. t. IV, p. 595-6), Bazas, Turba (Tarbes et Bigorre), Oloron, Auch. C'est le très ancien district de l'Aquitaine originelle; t. II, <;h. XIV, § 1 ; t. IV, p. 69 et 527. — C'est tout à fait à tort qu'Ammien place Éauze en Narbonnaise(XV, 11, 14) : l'importance de son rôle religieux au iv* siècle (t. VII, p. 125, n. 5, p. 297, n. 3) semble bien confirmer qu'elle était dès lors métropole.

6. Lugdunensis Prima, où la Notitia Galliarum annonce, dans presque tous les manuscrits, 4 cités, mais n'en nomme que 3, Lyon (cf. t. IV, p. 596), Autun [avec Nevers?] et Langres, et désigne Chalon et Mâcon comme castra. Il y a tout lieu <le croire que Chalon était dès lors civitas (t. IV, p. 595; elle paraît bien avoir en tout cas un évoque en 346; t. VII, p. 149, n. 6). C'est, avec Langres en plus, l'ancien pays éduen; cf. t. II, p. 535 et s. — C'est à son gouverneur que s'adresse le discours d'Euméne sur les écoles en 297 (t. VII, p. 91, n. 5). Antonius Marcellinus, prmses en 313 (C. Th., XI, 3, 1 ; t. VII, p. 108, n. 5). Les Fragmenta juris Bomani Vaticana, § 37, mentwnnenlun consularis provinciœ Lugdunensis Primœ à la date de 372.

7. Lugdunensis Senonia, avec les 7 cités de Sens, Paris, Meaux, Chartres, Auxerre, Troyes, Orléans, et peut-être plus tard Nevers; cf. t. IV, p. 595. C'est la réunion des deux anciennes ligues des Sénons (t. II, p. 525) et des Carnutes; cf. t. IV, p. 416, n. 2. — Elle est appelée Maxima Senonia dans des tablettes de patronat (Corpus, XIII, 921) décernées à son consularis Claudius Lupicinus.

8. Lugdunensis Tertia, 9 cités : Tours, Le Mans, Rennes, Angers, Nantes, Corseul, Vannes, Ossismi (Carhaix? t. VI, p. 443, n. 5), Jublains. C'est le Val de Loire, le Maine et l'Armorique. — Tablette de patronat décernée à son gouverneur, rector, Valerius Dalmatius (Dessau, 8987).

9. Lugdunensis Secunda, 7 cités : Rouen, Bayeux (cf. t. IV, p. 596), Avranches, Évreux, Séez, Lisieux, Coutances. C'est la future Normandie ; cf. t. VI, p. 446 et s.

10. Belgica Prima, avec les 4 cités de la Meuse et de la Moselle, Trêves, Metz, Toul et Verdun. On sait qu'elles ne faisaient point strictement partie des Belges .des temps de l'indépendance; t. II, p. 476, p. 469 et s-

Reims l; en amont des Germanies de Cologne 2 et de Mayence 3, qui conservèrent leurs noms et leurs capitales traditionnelles4, on créa pour Besançon, des deux côtés du Jura, le district de Séquanie5. Par contre, les provinces alpestres de la Gaule avaient été réduites à deux, les Alpes Maritimes autour d'Embrun6, les Alpes Grées et Pennines autour de Moutiers en ïarentaise et de Martigny en Valais7.

Ces dix-sept provinces représentent les cadres permanents de

1. Belgica Secundo., avec les 12 cités de Reims, Soissons, Chàlons (t. IV, p. 595), Veromandi (Vermand; cf. t. VII, p. 71, n. 1), Amiens, Arras, Cambrai (les anciens Nerviens; t. IV, p. 530, n. 1), Tournai (les anciens Ménapes; ib.),' Senlis, Beauvais, Morini (Thérouanne; t. IV, p. 595), Boulogne. C'est très exactement le territoire de la Belgique originelle; cf. t. Il, p. 469.

2. Germania Secunda, l'ancienne Germanie Inférieure, qui ne renferme plus que les 2 cités de Cologne (Agrippinenses) et de Tongres. Remarquez la disparition des autres civitatcs du Rhin inférieur (t. VI, p. 490, n. 3 et 4), en particulier de lu civltas de Nimègue, dont la partie centrale a dû former, avec la Toxandrie, le territoire des Saliens (t. VII, p. 86, n. 1, p. 146, n. 2, p. 199, n. 2 et 5).

3. Germania Prima, l'ancienne Germanie Supérieure, avec les 4 cités de Mayence, Strasbourg (a remplacé Brumath dès le milieu du ivc siècle; cf. t. VU, p. 171, n. 5), Worms et Spire. — Claudius Lepidus, consularis de cette province vers 400 {Corp., XII, 1524).

4. Cf. t. IV, p. 131 et s., t. VI, p. 486 et s.; si ce n'est que les expressions de Prima et Secunda ont remplacé celles de Superior et Inferior.

■). Maxime Sequanorum, Sequania, Sequanicum, Sequanica, même Sequani, avec les 4 cités de Besancon, Nyon, Avenches, Bàle (au lieu d'Augst; t. VII, p. 244, n. 3). Ici, évidemment, on saisit dans cette création un but militaire, la nécessité de coordonner la défense des deux eûtes du Jura (il y a un duc militaire pour cette province; Not., Occ, 36). Mais il a pu y avoir de très anciens liens entre Séquanes et Helvètes; cf. t. II, p. 520 et s. — Le civis Sequanus du Corpus, XIII, 3492, est un originaire de la province. — C'est sans doute un prxses de cette province qu'Aurelius Proculus en 294 (Corp., XIII, 5249).

fi. Alpes Maritimx, avec 8 cités : Embrun (métropole), Digne, Rigomagus (situation incertaine- t. VI, p. 509, n. 4), Castellane, Senez, Glandève, Cimiez (avec Nice, du moins à partir de l'époque, fort incertaine, où Nice fut enlevée à la juridiction traditionnelle de Marseille; cf. t. VI, p. 304, n. 1 et 2, t. VII, p. 305, n. 3) et Vence. Cf. t. IV, p. 527, t. VI, p. 509. — Briançon n'est pas nommé comme civitas de cette province, et il semble bien qu'il ait alors dépendu (peut-être avec la Maurienne) des Alpes Cottix (métropole, Suse), province d'Italie (cf. Ammien, XV, 10, 3-6; Ilin. de Jérusalem, p. 555, 9, \V.). Mais sous Constantin, il semble (sans que cela résulte certainement du texte) qu'il fit partie des Alpes Maritimes (Corpus, XII, 94). Dans un autre sens, les éditeurs du Corpus (V, p. 810; Xll, p. 15) prolongent jusqu'au mont Genèvre les Alpes Maritimes et le territoiregaulois.

7. Alpes Graix et Penninx, avec 2 cités seulement, la métropole à Darantasia ou civitas Ceutronum (Moutiers), Oclodurum ou civitas Vallcnsium (Martigny). — L'union intime qui se continue entre le Valais et la Tareutaiso, ne peut s'expliquer que par un entretien rigoureux des cols de communication; cf. t. IV, p. 596.— Pontius Asclepiodotus, prxlor [pour prxses] en 377; t. VII, p. 268, n. 5.

l'Etat, les départements territoriaux qui servent à répartir ses services, tribunaux, finances, travaux publics et même commandements de troupes. Suivant les besoins du jour ou la nature des affaires, chacune d'elles reçoit son fonctionnaire, ou plusieurs d'entre elles sont jointes en un seul district d'administration. C'est ainsi que, pour les choses militaires, il y a tantôt un seul comte dans les deux Germanies réunies de Mayence et de Cologne1, et tantôt un duc dans chacune d'elle2; et que, pour la police maritime, il faut un duc à la seule Belgique de Reims3, tandis qu'un autre duc suffit aux Lyonnaises et aux Aquitaines groupées ensemble*.

1. En 365, et sans doute depuis assez longtemps, il y a un cornes utriusque Germanise (Ammien, XXVII, 1, 2; cf. t. VII, p. 227, a. 1, p. 201 et 236); on retrouve un cornes commandant en Germanie [Inférieure?] en 370; Ammien, XXVIII, 5, 1. Le titre de cornes est supérieur à celui de dux. Le dux Germaniœ en 371 (Ammien, XXIX, 4, 7), est peut-être le duc de Mayence; ce qu'est peut-être aussi le dux de Code Théod. en 366, V, 7, 1, Mommsen; cf. n. 2.

2. Notitia dignitatum, 1, § 34, 44, 47 et 49; 5, § 130, 141, 143, où nous trouvons : 1° un dux Germaniœ Primœ; ceci est étonnant, puisque la Gcrmania Prima, qui était celle de Mayence et de Strasbourg, avait deux chefs militaires spéciaux, que nous allons indiquer (nos 2 et 3) : il faut donc supposer que la Notitia a partout mis Primœ pour Secundœ, ou, à la rigueur, que le dux Germaniœ Primœ, en dépit de son titre, avait autorité sur toute la frontière du Rhin inférieur; 2° un dux Mogontiacensis (pour une partie de la Première Germanie); 3° un cornes Argentoralensis (pour l'autre partie : la Première Germanie est une des très rares provinces de l'Empire qui aient été coupées en deux secteurs militaires) ; et même 4" un duc de Séquanie. Il est fort possible que ce morcellement, sans autorité supérieure autre que celle du magister (p. 18, n. 3), soit de date récente, et l'œuvre de Théodose, auquel précisément on reprochait de multiplier les chefs militaires (Zosime, IV, 27, 2); sous Valentinien, au contraire, il semble qu'au-dessus des ducs il y ait eu l'autorité supérieure d'un cornes (n. 1). — Il est étonnant que le chef militaire de Strasbourg (cornes Argentoratensis), qui ne pouvait commander qu'à un district limité, porte un titre supérieur (cf. n. 1) à celui des autres chefs. Je ne peux expliquer cela que d'une manière : l'importance des guerres et des relations avec les Alamans, la création des forteresses et tètes de pont de ce côté, auront déterminé Valentinien (cf. t. VII, p. 241-7) à confier un commandement supérieur, avec le titre de comte, au chef militaire résidant à Strasbourg; et on lui aura laissé ce titre, lors même qu'on aura réduit son ressort. Remarquez en outre que le terme de tractus, employé ici, parait désigner dans la Notitia un ressort toujours plus étendu qu'une cité (Italia,Armorica; Occ, 24 et 37); cf. t. VII, p. 63, n. 3, p. 54, n. 7. —Cf. la loi de 367 (C. Th., VII, 1,9): Tarn duces quam etiam comités et quibus Rheni est mandata custodia.

3. Dux Belgicœ Secundœ : ce doit être le préfet maritime de Boulogne (laquelle d'ailleurs, je ne comprends pas pourquoi, n'est pas nommée dans la Notitia, Occ, 38).

4. Dux tractus Armoricani et Nervicani (Occ, 37). La Novempopulanie (du bassin d'Arcachon à la Bidassoa) est oxclue de son ressort (cf. p. 107). — Sur les moindres districts militaires que j'ai supposés sous Maximien, t. Vil, p. 54, n. 7.

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