‹ Histoire de la Gaule (volume 3)Chapitre 309 sur 473 · LE PHESTIGE UU GREC · texte numérisé non relu

LE PHESTIGE UU GREC

les plus originales de leur discipline religieuse. Lorsque l'évêque Hilaire revint d'Asie1, son esprit, soyons-en sûrs, était plein d'effluves helléniques, et il sut les répandre autour de lui 2. Si le Christianisme latin a pu trouver, pour désigner les édifices de sa piété, les hommes de son clergé ou les épisodes de son culte, des expressions spéciales qui le distinguaient aussitôt des religions païennes, c'est parce qu'il sut les accepter de la langue grecque, et qu'il dit pour ses églises ecclesia et non conventicuhim3) pour ses prêtres pre.sbyter, episcopus ou diaconus et non pas sace7'dosi, ponlifex ou curator, pour ses cimetières cœmeterium ou polyandrium et non pas ossuarium '. De leur côté, les Syriens et autres mercantis 6 qui ne parlaient que le grec, ont dû introduire plus d'un mot de leur langue dans le populaire qui fréquentait leurs boutiques ou dans les foules auxquelles ils se mêlaient les jours de marché ou de foire. C'était souvent en grec qu'on interpellait le tenancier d'auberge, et le mot hellénique sortait des bas-fonds de la société7; mais c'était aussi en grec qu'on parlait à la Cour des empereurs de Trêves ou de Paris : Julien avait toujours autour de lui un cortège de rhéteurs et de philosophes, qui, d'Orient, étaient venus le rejoindre sur les bords de la Seine8; Constant son

Page 1