‹ Histoire de la Gaule (volume 3)Chapitre 308 sur 473 · Cf. p. 252, n. 2, p. 253, n · texte numérisé non relu

Cf. p. 252, n. 2, p. 253, n

6. La popularité de Ménandre au ive siècle est digne de remarque; Ausone, Protr., 46 (cf. ici, p. 252, n. 2); Cento, § 4 (allusion à une pièce erotique de Ménandre). G'esl du reste la tradition de Quintilien qui continue, disant de Ménandre : Vel unus diligenter lectus ad cuncta quœ prœcipimus efficienda sufficiat; ita omnein vitse imaginent expressit, etc. (X, 1, 69) : on ne saurait formuler plus naïvement le principe de l'instruction par le livre. — Ausone mentionne à côté de Ménandre (Cento, § 4) le poète erotique grec Evenus (Événos de Paros); mais il est possible qu'il ne le connaisse que par Ménandre (cf. Real-Enc., VI, c. 976). „

C'était, par culte de la tradition, par respect pour des maîtres d'ailleurs incomparables, c'était pécher contre l'avenir de l'esprit. Rome et sa littérature avaient peut-être plus perdu que gagné à vivre dans l'esclavage intellectuel de la Grèce. Plus de spontanéité dans la forme ou la pensée aurait sans doute doté les lettres latines d'une vigueur originale qui leur a manqué. Virgile était un poète trop bien doué pour ne pas s'élever aussi haut qu'Homère en n'essayant plus de le suivre; et l' Enéide, triste et lente, n'a point tiré d'avantages en se modelant sur

Y Iliade, si vivante d'allure. Le poète le plus audacieux et le plus personnel de l'histoire romaine, Lucain, est celui qui a délibérément négligé de plaquer des figures grecques sur un tableau d inspiration latine. Presque tous les intellectuels du quatrième siècle n'ont fait que de misérables centons ou de mornes paraphrases, pour avoir ressassé les fables des poèmes homériques et disserté sans fin sur les Dialogues de Platon.

Mais c'était nuire également à l'intelligence des belles œuvres de l'hellénisme que d'en faire la matière d'exercices scolaires interminables1. A force d'en imprégner l'esprit de l'écolier, de lui répéter sans relâche, douze ans durant, les mêmes textes de

Y Iliade ou du Phédon, en les insérant de façon indélébile dans sa mémoire comme pour devenir la trame de tous ses souvenirs, on l'habituait à ne plus voir que formes et formules dans les plus beaux passages des écrivains helléniques ; le sens réel des œuvres était remplacé par le verbalisme, par l'obsession de la phrase; et l'on ne comprenait plus les splendeurs divines des Perses ou des Lois pour les avoir trop mêlées à de vulgaires exercices.

A côté de l'école, d'autres éléments valurent à l'hellénisme un dernier renouveau. Les Chrétiens empruntèrent à l'Orient grec les dogmes les plus subtils de leur foi, les formules

1. Voyez certaines poésies d'Ausoue où s'enchevêtrent mots grecs et mois Latins, par exemple Epist., 12 (termone adludo bilingui).

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