‹ Histoire de la Gaule (volume 3)Chapitre 320 sur 473 · VI. — PROPAGATION DU LATIN · texte numérisé non relu

VI. — PROPAGATION DU LATIN

Je rappelle que c'est l'aristocratie foncière qui faisait vivre surtout ces écoles. A l'arrière-plan de celles de Toulouse ou d'Angoulême, j'aperçois les maîtres terriens du Languedoc ou de la Charente K ; et presque au sortir de l'Université de Bordeaux bien des jeunes gens firent leur apprentissage de propriétaires vignerons6. Aussi, gardons-nous de croire que ces maîtres, grammairiens ou rhéteurs, aient véritablement aidé à propager l'instruction sur la terre de Gaule, à y faire parler davantage la langue de Rome et mieux connaître les œuvres de ses lettrés. Ce serait se tromper sur la portée du rayonnement de ces écoles : elle ne dépasse pas l'horizon d'une élite, qui déjà savait le latin, et dont les pères avaient lu Virgile.

La masse du peuple n'en apprit ni plus ni moins à lire et à écrire. A mon sens même, le nombre des illettrés n'a cessé de croître depuis le milieu du troisième siècle. Les misères matérielles empêchaient de songer à autre chose qu'au pain quotidien. A ces Barbares qui affluent comme colons, on ne demande que de labourer la terre7. Si Martin oblige ses jeunes moines à copier des manuscrits, il ne s'agit que de ceux des Saintes Ecri-

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