‹ Histoire de la Gaule (volume 3)Chapitre 322 sur 473 · Cf. p. 242 et s · texte numérisé non relu

Cf. p. 242 et s

0. Cf. Paulin de Pella, Euch., 194 et s. 7. Cf. t. VII, p. 64 et s. ; ici, p. 237-8.

tures, et il ne s'adresse qu'à un groupe peu nombreux, et où se recruteront les chefs d'Églises1. Les inscriptions funéraires, nombreuses encore sous les Sévères, sont de plus en plus rares 2. De ces milliers de grands domaines, si riches et si pleins de vie, il ne nous est point resté vingt textes qui soient du quatrième siècle3. Dans le grand cimetière de Bordeaux, tout à côté de la plus vivante des Universités romaines, je ne lis que deux ou trois inscriptions au milieu de plus de cent sarcophages anonymes4. Quand les écrivains militaires recommandent de rechercher avec soin parmi les conscrits, pour en faire des fourriers ou des teneurs de livres, ceux qui savent lire, écrire et compter5, c'est évidemment parce que l'espèce en était devenue difficile à rencontrer.

Pourtant, à défaut de l'instruction primaire, l'usage de la langue latine se propageait : ce qui est une tout autre affaire, car il se répandait par la parole, par les contacts et les nécessités de la vie, et non pas par l'enseignement. De nouveaux éléments aidaient à ses conquêtes. Les Barbares, qui se multipliaient aux champs et aux armées 6, ne pouvaient être dirigés et disciplinés que dans le langage de Rome : on ne saurait demander à un intendant de parler le germanique aux uns ou le sarmatique aux autres. S'il envoyait un colon franc à la foire prochaine pour vendre du blé ou du bétail7, il fallait bien que l'homme se tirât d'affaire avec quelques mots de latin. Le Christianisme vint à

1. T. VII, p. 237 et s. — Il se peut pourtant que le Christianisme ait d'abord développé l'instruction dans les milieux populaires.

2. Voir au Corpus, XII et XIII, où les inscriptions du iv* siècle sont fort rares. Remarquez la suppression des signatures ou marques de fabrique, p. 197, n. 3

3. La campagne girondine, si riche en grands domaines (cf. p. 130-135), n'a livré que deux inscriptions postérieures à 300 (elles sont d'ailleurs postérieures à 400 Corp., XIII, 911 et 912).

4. Cimetière Saint-Seurin, p. 232, n. 5; Inscr. rom. de Bordeaux, II, p. 1!) et s.; Courteault, Revue des Et. anc., 1910, p. 67 et s.

">. Végèce, II, 19 : In legionibus plures scholœ sunt, quœ Utteratos milites quœrunt cf. 20.

6. T. VII, p. 64 et s., p. 286 et 8.; ici, p. 80 et s., p. 237-8.

7. N'oublions pas que le colon va au marché : fréquentât nundinas meas pécore venali et cultor barbants taxât annonam ; Paneg., V, 9. '

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