Ici, p. 223, 224, n. 5, p
3. Ordo urbium nobilium (168 vers), 128 et s. Cf. ici, p. 68, n. 2, p. 269, n. 3, p. 'JUi, n. :], p. 205, n. 8, p. 212, n. 4.
tures qui pendent aux fenêtres, les drapeaux des collèges qui saluent l'empereur l. Voyez l'évèque Martin chez Sulpice Sévère : ce n'est pas le type d'un héros mythique, le portrait d'un saint idéal, c'est un homme du cru, un Tourangeau d'adoption, qui circule d'Amboise à Candes, qu'on voit sur les bords de la Loire où à l'ombre des rochers de Marmoutier2.
Mais le sentiment qui était devenu le plus impérieux, et qui par là était de nature à imprimer aux lettres latines l'audace d'une jeunesse nouvelle, était la foi et l'espérance du Chrétien. Que les traités d'exégèse ou de théologie, tels que la plupart des écrits de saint Hiiaire 3, soient fort ennuyeux à lire, sinon difficiles à comprendre, ils n'en dénotent pas moins chez l'auteur un prodigieux effort pour communiquer la vigueur du latin à des subtilités de dialectique qui n'étaient point dans les habitudes de la langue; et somme toute, celle-ci gagnait à cet effort et des habiletés imprévues et un champ nouveau d'exercices4. Puis, lorsque Hiiaire laisse de côté les paraphrases de la dogmatique et qu'il lance son pamphlet contre l'empereur Constance, il retrouve la verve et l'énergie des Catilinaires, avec un ton de sincérité et de sainte colère qui manqua peut-être à Cicéron5. Le jour où les orateurs et les poètes chrétiens recourront, non plus aux grâces faciles des réminiscences virgiliennes, mais à la charité des rêves galiléens, à l'exaltation des visions apocalyptiques, à la grandeur sauvage des psalmistes 6 ou des prophètes, ils doteront les lettres latines de ligures superbes, de poignantes angoisses ou de caresses ineffables, que Lucrèce ou Virgile eux-mêmes avaient com-
1. Paneg., VIII, 8. Voyez de même la description d'une procession chrétienne dans le sermon de Victrice; ici, p. 342-3.
2. Sulpice Sévère, DiaL, III, 8, 4 et s.; Epist., 3, G et s.; Vita Martini, 10; etc.
3. T. VII, p. 177-178, 214-215, 253-254; ajoutez Phébade d'Agen, t. VII, p. 214, n.!>.