‹ Histoire de la Gaule (volume 3)Chapitre 356 sur 473 · Cf. t. IV, p. 406 et s., p. 490 et s. ; t. VII, p · texte numérisé non relu

Cf. t. IV, p. 406 et s., p. 490 et s. ; t. VII, p

3. Populus Dei, juslus populus Dei; Lactance, De m. p., 2 et 3.

4. Jas corporis Christianorum, lettre de Licinius; Lactance, De m. p., 48. — Au point de vue légal originel (cf. t. IV, p. 396, 407), l'Église chrétienne demeure un corpus universel, et ses assemblées municipales sont considérées en principe comme autant de conventicula, ou lieux de réunions autorisés (Lactance, De m. p., 34et 48; Ammien, XV,5, 31 ; XXVII, 3, 13; cf. t. Vil, p. 90, n. 4, p. 119, n. 4). — Les réunions d'hérétiques n'étaient considérées que comme des conciliabula, des réunions à demi illégales ou en tout cas irrégulières (loi de 380, C. Théod., XVI, 1, 2, § 1). Mais on a pu également désigner par ce mot de conciliabula les réunions plus ou moins libres, en particulier sur les tombes des martyrs; Jérôme,

les municipes, à toutes les provinces, et même à l'Etat des Augustes. Le genre humain, groupé dans sa foi, dominait les patries et les nations; la confraternité collégiale était devenue plus forte que les liens traditionnels de la vie publique l.

Tout était donc prêt pour faire de cette Eglise Catholique2 le royaume de Dieu sur la terre, un Empire des âmes ayant sa loi, ses chefs et sa discipline.

La loi était inscrite dans le Livre Saint. Il exprimait la volonté de Dieu, il renfermait sa parole en langue et écriture des hommes; et dans les lieux où se réunissaient les fidèles, si Dieu n'était présent qu'en esprit, on pouvait pressentir ses ordres à la vue du livre sacré déposé au milieu du sanctuaire3.

Ce livre, c'est ce qui a façonné le Christianisme, c'est par lui que se maintient l'unité de l'Eglise, et c'est lui en même temps qui instruit et dirige l'âme du fidèle. Il est l'écrit par excellence, la Bible unique et souveraine, où chacun trouvera sa raison d'être, ses préceptes de conduite et le secret de sa destinée. Tous communient en lui, à tous il apporte le talisman verbal qui unit leurs âmes et les unit à leur Dieu. Le monde méditerranéen n'avait encore rien connu de pareil : pourtant, il n'avait cessé d'aspirer confusément à une domination de ce genre, celle du livre qui donne tout; les Grecs obéissaient à ce besoin en faisant des poèmes homériques le symbole ou la somme de leur culture4; les lettrés de Rome cherchaient

Epist., 69, § 12, P. L., XXII, c. 597 (encore qu'ici le mot, conciliabula martyrum, s'applique au groupement des tombes et sanctuaires, dans le sens que l'on donnera plus tard à l'expression concilia marlyrum, p. 347, n. 5).

1. Sur l'universalité originelle de l'Église chrétienne, cf. t. IV, p. 407-9, 490-1.

2. Je prends le mot dans son sens originel d' « universel »; mais il es! depuis longtemps entièrement attiré vers le sens d' « orthodoxe »; Lactance, Inslit. divin., IV, 30, § 11 (Pair. Lat., VI, c. 542); llilaire, De synodis, 34 (P. L., X, c. 507; cf. concile de Sardique, Mansi, III, c. 0!) et 85; etc.); In Matthœum, X, !) (P. L., IX, c. 969); cf. t. VII, p. '.17, n. 3. Leclercq, au mot Catholique, dans le Dicl. Cabrol.

3. Simulacrum Dei quœritur, Scripturœ repertie incenduntur, dans la perquisition faite à l'église de Nicomédie; Lactance, De m. p., 12.

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