T. VI, p 205; t. V, p. 75 et s. ; t. I, p. 147 et s
3. Voyez le sermon De laude sanctorum de Victrice, prononcé à l'occasion de l'arrivée à Rouen de reliques envoyées d'Italie (cf. n. 5).
4. Tout cela, d'après le sermon si caractéristique de Victrice (p. 342-3).
5. « Par une sorte de fiction légale, il fut admis qu'un même saint pouvait avoir un très grand nombre de tombeaux »; Duchesne, Culte, p. 406, qui d'ailleurs ne connaît pas d'exemple de la chose avant Ambroise. Je crois cependant la chose beaucoup plus ancienne, et j'y rapporte le texte d'Hilaire, p. 311, n. 3. — Sancti veniunt ad Rothomagensem civilatem, dira Victrice à propos de l'arrivée de reliques de saints envoyées d'Italie (g 2, c. 445). — Nous donnons ici les noms des saints cités par Victrice, parce que leur date d'arrivée à Rouen (en 390 et avant) peut servir de point de repère pour la chronologie des anciennes églises de Gaule : 1" Jean-Baptiste, André, Luc, Thomas, Gervais, Protais, Eufemia (sainte Euphémie de Chalcédoine), Procule et Agricole (de Bologne), et sans doute Jean l'Kvangéliste : ces saints, d'ailleurs, semblent provenir, non pas de l'envoi accueilli par Victrice en 396-7, mais d'un envoi antérieur (cf. §6 et H), peut-être de celui d'Ambroise en 386 (p. 320), ou plutôt, comme l'a conjecturé finement Vacandard (Saint Victrice, p. 65), de la fructueuse récolte
lambeau des linges qui avaient touché les ossements de saint Etienne, et saint Etienne eut ainsi son sanctuaire dans presque tous les cimetières suburbains des cités de la Gaule1. Lorsque Ambroise découvrit à Milan les corps magnifiques de saint Gervais et de saint Protais2, la Gaule entière fut secouée du désir d'avoir de leurs reliques, beaucoup de ses cités purent en recevoir3, et ce fut alors de pieux cortèges qui s'organisèrent pour les accueillir, des autels qui s'élevèrent pour les enfermer, des basiliques pour les honorer4, et, tout en demeurant les divins bienfaiteurs de Milan, Gervais et Protais, répandus au delà des Alpes, exercèrent leur magistère de sainteté dans les cent églises5 qui devinrent le séjour de leur vertu6.
Génies des lieux et des pays, Tutelles des villes ou des villages, ces myriades d'êtres humains qui avaient autrefois fait l'orgueil ou la joie des hommes de laGaule7,ont maintenant leurs héritiers chrétiens8. L'évêque Seurin va devenir le saint de Bor-
faile en Orient vers le môme temps par Gaudentius, le futur évêque de Brescia (cf. ses Sermones, 17, P. L., XX, c. 960 et s., et la préface de Galeardus, id., c. 797-8); 2° ceux-ci, venus dans l'envoi qui a provoqué le De laude sanctorum : Nazaire (de Milan), Antonin (de Plaisance), et, à peu près inconnus, Salurninus (de Macédoine, différent de celui de Toulouse), Trajanus (de Macédoine), Mutius, Alexander (de Pergé en Pamphylie?), Datysus [Dativus?], Chindeus (de Pergé?), et les quatre vierges Leonida, Anastasia, Rogata, Anatoclia [Anatolia ?]. De l. s., § 11, c. 453.
2. En 380. Je dis « magnifiques » à cause des ossa grandia qu'on dit avoir vus. Paulin, V. Ambr., § 14, P. L., XIV, c. 32; Ambroise, Ep., 22, S 2, XVI, c. 1020.
4. Eriguntur altaria, etc. : voir le sermon de Victrice, § 12, c. 454 (cf. p. 319, n. 5), prononcé d'ailleurs à l'occasion de l'arrivée à Rouen d'autres reliques.
5. Il faudrait étudier à cel égard toutes les églises de Gaule au vocablo des saints Gervais et Protais. Il est possible qu'elles n'aient pas été toutes bâties dès l'origine, à lu lin du iv° siècle, pour recevoir les reliques apportées alors d'Italie, el qu'on a pu disposer celles-ci d'abord dans la cathédrale; mais je doute qu'elles ne datent pas pour la plupart du siècle suivant. Cf. p. 235, n. 1, p. 314, n. 3. — Victrice mentionne nettement la construction d'une basilique préparée pour recevoir les reliques des saints apportées d'Italie (n. 4).
0. Mien marqué par Victrice (c. 433-4); par exemple, curât Ephesi Johannes, prœterea el in loris plurimis.