T. Il, p. 445, p. 444. n. 1 ; t. VI, p
7. Texte d'Hilaire, p. 311, n. 3. Julien revient sans cesse snr le culte des Chrétiens à l'endroit des martyrs; voyez en particulier le propos que nous a conservé de lui Cyrille, Trâvxa s7w.T,p<ôaaTs tâçiov /.ai [nvr^âtuv [ces mots traduisant sans doute martyria et memori.r], disait-il aux Chrétiens (Julien, Librorum contra Christianos quœ supersunt, 1880, p. 22.ï, d'après Cyrille); en outre, son rescrit à Bostra, Eplst., 52, p. 178, Bidez et Cumont.
8. Ces lieux sacrés autour de tombes (qui étaient trop souvent tombes banales, prises par erreur pour tombes de martyrs, cf. p. 318, n. 1) sont ce qu'on appelait
Ces ferveurs, ces élans des foules vers les sépulcres divins, contribuèrent infiniment à la rapide propagation du Christianisme dans les campagnes : l'exaltation de la foi était contagieuse, la pierre d'un tombeau, qu'on voyait et qu'on touchait, créait encore plus de Chrétiens que la parole et l'exemple de saint Martin. Très souvent, il est vrai, la foi faisait fausse route, la plèbe des fidèles s'arrêtait devant des sépultures vides ou des sarcophages de païens, parfois même devant des corps de misérables criminels, qu'elle se mettait à vénérer comme de saintes reliques; et il fallut que des prêtres intelligents et énergiques, tels que Martin de Tours, montassent la garde autour des dévotions populaires, et les empêchassent de s'égarer sur des pierres indignes ou des cultes de fantaisie1.
les martyria; Tertullien, Adv. hseret., 46, P. L., II, c. 63; C. Théod., loi de 386, IX, 17, 7 (où l'on voit que des constructions, fabricœ, s'élevaieut autour de ces tombes); C. Just., I, 2, 16 (qui distingue nettement les ecclesix et les martyria); Jérôme, V. Hilarionis, § 31, P. L., XXIII, c. 45 (où l'on voit qu'il y avait des martyria dans les villas de grands seigneurs); etc. — Ici se pose la question, si ces martyria ne sont pas l'origine de ces Martroy, Martray, Martres, etc., qu'on rencontre en si grand nombre, soit dans nos campagnes près du centre des communes qui dérivent d'une bourgade ou d'une villa gallo-romaines (par exemple, près de Paris, la bourgade de Nanterre, p. 315, n. 6 [place du Martray], les villas de Dugny [lieudit du Martray] et de Thiais [sentier du Martray], soit aux portes des cités gallo-romaines [par exemple le martroy Saint-Gervais à Paris]). Après avoir hésité, j'incline maintenant de plus en plus à le croire, mais en ajoutant que le caractère sacré de ces lieux s'est peu à peu oblitéré sous le caractère social, ces rendez-vous de prières étant devenus presque aussitôt des cimetières de nature banale, ou encore des maladreries, voire des rendez-vous de marché. — En dernier lieu, Maître, Les Martrays, dans le Bull, de la Soc. arch. de Nantes, LXII, 1922 (ne s'occupe pas de l'origine); Soyer dans la Revue des Et. anc. de 1925 (avec lequel je suis complètement d'accord).
1. Je ne vois aucun motif de douter de l'anecdote rapportée par Sulpice Sévère (V. Mari., H ; cf. ici, p. 311, n. 4, t. VII, p. 263, n. 3) : les Chrétiens de Touraine allaient prier sur une tombe comme renfermant des corps de martyrs, et sur laquelle les prédécesseurs de Martin (sans aucun doute Lidoire, de 337 ou 340 à 371 ou 372) avaient élevé un autel; or, c'était celle d'un voleur, et Martin découvrit la vérité, non temere adkibens incertis fidem. Cf. t. VII, p. 263. — J'accepterais volontiers la tradition qui place sous Valentiuien l'invention des reliques des saints Fcijeux et Ferréol près de Besancon (ici, p. 118, n. 6), sans du reste préjuger si ce9 restes étaient authentiques. — Remarquez que Martin n'a fait que devancer les prescriptions (les conciles du temps, qui condamnèrent ces martyria improvisés par la fantaisie populaire; Mansi, III, c. 782 et 971 : Altaria, iju:v patsim [>er wjros et per vias tamquam mémorise martyrum constituunlur, in
Le monde, comme disait l'empereur Julien1, s'encombrait de tombes de martyrs, après s'être recouvert jadis de mégalithes funéraires et de mausolées gallo-romains2; et le mort, de sa tombe, persistait à dominer le sol et à régenter la vie.
A défaut de martyrs municipaux ou de reliques locales, on recourait aux morts illustres des autres Eglises. On les appelait, on les faisait venir, on donnait à leurs restes un domicile local 3. Peu importait, d'ailleurs, si le corps du saint n'arrivait pas en son entier, s'il n'y avait de lui que quelques débris d'ossements, si môme ce n'était rien de ce corps, mais seulement des choses qui l'eussent approché, des linges qui avaient été mis en contact avec lui. La vertu, la personnalité religieuse du saint, et pour ainsi dire son essence corporelle, accompagnait partout ces objets ou ces débris, le saint arrivait avec eux, et il vivait dans les monuments où on les abritait, il devenait le patron et le parrain des basiliques qui les recevaient*. Un saint eut ainsi dans le monde des centaines de résidences qui portaient son nom, des centaines de tombes où il séjournait". Dans d'innombrables oratoires on crut posséder un
quibus nullum corpus aut reliquiee martyrum conditœ probantur, ab episcopis... cvertantur] etc.