‹ Histoire de la Gaule (volume 3)Chapitre 381 sur 473 · VIII. — L'IDEE D'UNE GAULE CHRETIENNE · texte numérisé non relu

VIII. — L'IDEE D'UNE GAULE CHRETIENNE

L'adaptation du Christianisme aux traditions du sol et de la société eut une importance décisive pour les destinées de la Gaule. Car la vie propre de la Gaule était faite surtout par ses affinités sociales et les attractions de sa terre, par ces liens millénaires qui unissaient entre eux les membres d'une cité ou les dévots d'un lieu saint : et le culte du Christ, en acceptant ces liens, leur donna un charme et une solidité de plus.

De même que les Gaulois, devenus des Romains, avaient persisté à parler de leur Gaule, mais comme d'une nation6, de même, maintenant, devenus des Chrétiens, ils ne cessent de l'invoquer encore, mais comme une Eglise7 : ils perpétuent à

basilique : voyez à Paris [non pas dans la cité, mais dans le vicus du cimetière, non loin de la senior ecclesia supposée, cf. p. 236, n. 1] la tombe de Crescentia, sur laquelle on construit desuper oratorium (Grégoire, In gl. conf., 103); cf. p. 233, n. 2. — L'analogie entre les saints chrétiens et les Tutelles et Génies païens se montre encore par les termes dont se sert Victrice pour marquer la virtus des saints et de leurs reliques, curant, miseris porrigunt medicinam,... défendant, purgant, tuentur, etc. (De l. s., § 11, Patr. Lat., XX, c. 453).

5. A dû mourir vers 385-6; Grégoire, In gl. conf., 45. Cf. t. VII, p. 269, n. 3.

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