X. — LES DERNIERS VESTIGES PAÏENS
Bien mieux que toutes les mesures de violence, ces procédés de conciliation amèneraient au Christianisme les derniers tenants des cultes païens. Ce qui restait à faire pour achever de convertir la Gaule, était question d'entente et non pas de persécution.
Les divinités classiques étaient vraiment mortes, et dans les villes et dans les campagnes. Ausone lui-même ne voyait en elles que des figures de rhétorique, des motifs de sculpture ou des exercices de symbolique*. Jupiter et Hercule avaient à peine survécu à Dioclétien 5. Celui des dieux qui avait le plus résisté, du moins en Gaule, était Mercure, qui gardait dans le
qu'ils voulaient mesurer » (p. 424). Et il conclut (p. 441) : « Essentiellement conservatrice, l'Église ne modifiait, en ce genre de choses, que ce qui était incompatible avec ses croyances. »
1. Augustin, Serinons, 287 et s., P. L., XXXVIII, c. 1301 et s. (prononcés à l'occasion de la fête, le 24 juin); cf. Grégoire de Tours, calendrier de Perpétuus, Hist., X, 31, p. 445 (pour la fête de saint Jean-Baptisle). Aucune allusion, d'ailleurs, aux feux populaires, mais seulement à la chaleur de l'été (non erit œstus ubi umbram facil Spirilus Sanctus, dit avec esprit Augustin, sermon 287, c. 1302).
2. Sidoine Apollinaire, Epist., VII, i, 2; V, 14. La fête se célébrait alors trois jours avant l'Ascension. — A Rome, les Litanies ou Rogations correspondent aux Robigalia du 25 avril.
3. Cf. t. IV, p. 483-4, t. VI, p. 92-93, t. II, p. 123, t. I, p. 142-3.
4. Cf. en particulier Epigr., 30, sur le Liber Pater à caractère panthée de sou domaine de Lucaniacus (cf. ici, p. 244, n. 6, p. 288, n. 6).
5. Cf. t. VII, p. 265. Sulpice Sévère ne mentionne pas Hercule. Pour Jupiter, Martin l'appelait brulum atque hebetetn (DiaL, II, 13,6; III, 6, 4; cf. Vita Mart., 22, 1). Martin eut aussi affaire à Vénus et à Minerve (Vita Mart., 22, 1) : cette dernière, à cause sans doute des sanctuaires ruraux de la Gaule riveraine de la Loire (cf. t. VI, p. 410, n. 1); Vénus, sans doute à l'occasion des figurines populaires ou des œuvres d'art plutôt que de sanctuaires (cf. t. VI, p. 41-2).