LES DERNIERS VESTIGES PAÏENS
pays de très profondes racines'; et il est possible que Julien, lorsqu'il résidait à Paris, ait compris la grandeur de ses allures celtiques et lui ait accordé une particulière sympathie2. Mais il disparut à son tour à la fin du quatrième siècle, et, avec lui, Apollon3, Mars4 et Minerve5, malgré les ressources nombreuses que tous les quatre avaient trouvées dans les fontaines et les collines du pays8. Et de ces dieux aux belles formes qui pendant quatre siècles avaient semblé les vrais maîtres de la Gaule7, il ne restait plus que des images brisées.
Jamais règne de puissances divines n'avait été plus prompt à s'établir et ne devait laisser moins de traces 8. Si la Gaule allait conserver encore quelques vestiges de croyances ou de rites qui pourraient rappeler les êtres de l'idolâtrie grécoromaine, c'est parce que ces rites ou ces croyances avaient été empruntés aux traditions indélébiles transmises par les générations celtiques d'avant César et Jupiter.
De fait, la divinité classique qui a tenu tète la dernière aux prêtres chrétiens, est la déesse des forêts, de la lune, des nuits, des puissances infernales et des formules magiques, la Diane des carrefours, démon de midi et de minuit0. Son nom, sans aucun doute, était encore prononcé avec terreur ou frénésie