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remment par la mort, la torture ou la confiscation, et sur les moindres esclaves et sur les plus nobles sénateurs1.
On aurait pu espérer que le Christianisme changerait la nature de l'autorité et le caractère des maîtres. Mais les premiers empereurs chrétiens ne virent dans la religion de l'Evangile qu'une nouvelle façade de la vie publique, qui ne toucherait pas aux éléments essentiels et aux habitudes traditionnelles de la souveraineté. Constantin et Constance II présidèrent aux conciles 2, à la manière dont Auguste avait réglé les cérémonies pontificales 3 ; Maxime écouta les dénonciations des évêques délateurs avec la complaisance d'un Domitien4; et Théodose étendit un ordre de massacre à la population d'une ville tout entière % ce qu'ont pu souhaiter Néron ou Caligula en des propos de délire, mais ce qu'ils se seraient bien gardés d'exécuter G.
Il est vrai qu'Ambroise refusa à Théodose l'accès de l'église tant qu'il n'eut point fait pénitence7, et qu'il lui rappela durement que Dieu et ses prêtres peuvent juger les rois. Mais il suffit à l'empereur de faire pénitence pour obtenir l'absolution, et il put alors penser que le nouveau Dieu ne se refuserait pas plus aux compromis que le Jupiter des anciens temps8.
Rien ne faisait donc espérer à l'humanité qu'elle pût se débarrasser du despotisme impérial, de cette puissance horrible et mystérieuse qu'on laissait aux mains d'un seul. Pas une seule
1. Il est bien vrai que les sénateurs et hauts dignitaires (pour ne parler que d'eux) étaient exempts de la torture : mais on exceptait toujours le crime de lèse-majesté, excepta majestatis causa, in qua sola omnibus œqua condicio est (loi de 339, G. Th., IX, 35, 1; voyez le commentaire de Godefroy, III, p. 272, Ritter; Ammien, XIX, 12, 17). Cf. Mommsen, Strafrecht, p. 407.