Cf. p. 6, n. 6, p. 8, n
6 l'autorité publioue.
fois, au cours du quatrième siècle, nous n'avons assisté, de la part du peuple, à la révolte d'une colère généreuse ', et pas davantage, de la part de l'élite, à une tentative de libéralisme politique 2. On avait vu maintes fois, aux âges antérieurs, des essais de constitution pour définir l'autorité impériale, et sous le premier des Flaviens, et sous le dernier des Sévères3, et même au cours des grandes Crises du troisième siècle4. Nous n'en trouverons plus depuis Dioclétien. Les philosophes se sont tus5; les Chrétiens, délivrés des persécuteurs, acceptent avec joie le régime, et ils sont les premiers à flagorner le maître5. Jamais la Gaule n'a connu davantage l'absolutisme criminel d'un chef d'État et la veulerie coupable de l'obéissance aveugle.
Ce qui rendait ce despotisme plus odieux encore, c'est qu'on ignorait son origine, la source légale de l'autorité suprême. Maximien a été appelé par Dioclétien 7, mais celui-ci n'a été nommé que par un groupe d'officiers8; tous deux ont choisi Constance9; l'hérédité revient avec Constantin10, mais c'est l'armée de Gaule qui proclame Julien11, et c'est le conseil des dignitaires de l'Empire qui désigne Valentinien12. En réalité, tout prétendant, tout usurpateur peut devenir un Auguste légi-
1. Toutes les révolutions sont venues d'un ambitieux et de ceux qui ont spéculé sur son avènement; et en outre, ce sont les meilleurs princes qui ont été renversés (Constant, Gratien, Valentinien II; t. VII, p. 150 ets., 290 ets.,310 ets,).
2. Voyez l'insignifiance politique des assemblées provinciales; ici, § 15, p. 64.