LE CHRISTIANISME CONVERTI A L'ART HIT A L'ÉCOLE
écrivain1. Ses poésies sont d'un homme quia fait de Virgile une lecture savante et délicate2, et qui a su trouver dans le vers païen d'exquises épithètes ou de graves figures pour les passer au service de l'idée chrétienne3. Loin de nuire à l'Évangile, l'école lui a ouvert des voies nouvelles; elle lui a appris les manières douces ou énergiques dont il faut parler aux hommes. Maintenant que l'édit de Julien est aboli, que des Chrétiens occupent des chaires de grammaire ou de rhétorique, les œuvres d'Homère et de Virgile ne sont plus les oracles des dieux païens, mais de simples livres d'étude, et ces dieux ne sont plus que des métaphores du beau langage; et le monde même des saints accepte ce langage, ces études et ces livres, et il laisse Homère et Virgile à leur place séculaire comme éducateurs des intelligences humaines.
Toutes les manières d'écrire, tous les genres littéraires chers au passé, sont adoptés et observés par les chefs intellectuels de l'Eglise. Ils veulent, en un dessein très net et très suivi, la doter d'une littérature complète. On aura des biographies d'évêques, comme on a eu des biographies d'empereurs; le peuple de Dieu lira son passé dans les Chroniques de Sulpice Sévère4, comme le peuple romain apprend le sien dans les Histoires de Ïite-Live; les prêtres écriront des lettres à la façon de Pline le Jeune B, ou composeront des harangues 6 sur le modèle
1. Jérôme le compare à Cicéron à propos de son panégyrique de Théodose, que nous ne possédons point (Epist., 58, § 8, XXII, c. 584). Je l'en rapprocherai plus volontiers à propos de ses lettres : voyez l'éloge qu'eu a fait Augustin, qui donne de ces lettres la note la plus juste, Jlaentes lac et mcl, prœferentes simplicitalem cordis, etc. (Epist., 27 = 32, P. L., XXXIII, c. 108).
2. Il y a des réminiscences de Virgile même dans ses lettres.