‹ Histoire de la Gaule (volume 3)Chapitre 400 sur 473 · T. VII, p. 313 et s · texte numérisé non relu

T. VII, p. 313 et s

3. Prudence, C. Symm., I, 545 et s., quelle que soit la date que visent ces vers.

4. Rutilius Nainatianus (p. 279), poète et haut dignitaire de l'Empire, parait bien païen : mais précisément sa qualité de préfet de Rome en 414, nous empêche de voir en son paganisme plus qu'une expression littéraire. Il n'y a pas trace de nobles qui soient païens chez Sidoine Apollinaire, et lui-même rappelle qu'il représente la troisième génération de Chrétiens dans sa famille, son grand-père, préfet du prétoire des Gaules en 408, s'étant le premier converti, primus de numéro patrum suorum sacris sacrilegis renuntiavit (Epist., III, 12, 5). Tout l'entourage d'Ausone est devenu chrétien; outre son ami Paulin (t. VII, p. 271), son petit-fils Paulin de Pella, né en 376 de son fils Hespérius (p. 134, n. 4), faillit dès sa nais-

qu'il détournerait les cœurs des plaisirs spirituels du monde, des œuvres de l'art et de l'intelligence, qu'il obligerait les hommes a ne plus vivre que dans le rêve irréalisable de la cité de Dieu ', Bien au contraire, les nouveaux convertis, hommes d'esprit et de goût, comprirent que l'humanité ne pouvait renoncer à l'héritage accumulé par le travail de tant de siècles, et que la religion du Christ ne perdrait riep à se parer des ornements des Muses et des leçons de l'école2. En cela encore, le désir de la conciliation l'emporta3.

Paulin de Bordeaux4, élève d'Ausone et évêque de Noie, est le type le plus parfait de ces Chrétiens qui ont recours, pour embellir leur religion, à toutes les formes du passé. Il a beau écrire à son maître qu'il a chassé de son âme ses souvenirs d'étude5 : elle en est tout entière imprégnée. Ses lettres, il les écrit en une langue nuancée, subtile et imagée, où il accumule les ressources d'un écolier supérieur devenu un excellent

sance être consacré par ses parents au Christ (Euchar., 94-6). Le neveu d'Ausone, Arborius, consacre sa fille perpétuas virginitati CSulpiw, V.Murt., 19; ici, p. 300, n. 1).

1. Déjà Lactance, De m. p., 22, prend la défense des lettres contre Galère.

2. La théorie de l'utilisation chrétienne des lettres classiques a été développée par celui qui l'a le mieux mise en pratique, Paulin de Noie, dans sa lettre à Jovius (Epist., 16, § 9 et 11, P. L., LXI, c. 233-4) : Ingenii tui facilitâtes et omnes mentis ac linguœ opes Deo dedica;... ab Mis linguœ copiam et oris ornalum, quasi qusedam de hostilibus armis spolia cepisse, ut eorum nudus erroribus, et vestitus eloquiis, fucum illum facundix, quo decipit vana sapientia, plenis rébus accommodes. — On a supposé que ce Jovius, d'ailleurs parent de Paulin (Carmina, 22, pièce dédiée à Jovius, vers 163), pouvait être quelque clarissime bordelais.

3. La chose résulte aussi, indirectement, de la colère des Chrétiens à l'endroit de Julien, lorsqu'il leur interdit d'enseigner (textes chezBidez et Cumont, p. 69 et s.). Et elle résulte aussi de la rapidité avec laquelle ils firent révoquer son édit (Il janvier 364, C. Th., XIII, 3, 6). T. VII, p. 230, p. 251, n. 3. VA remarquez Jérôme, disant d'Hilairc, duodecim Quinliliaui [le maître de l'école] libro* et stylo imitatus est et numéro; Ep., 70, § 5, P. L., XXII, c. 668.

4. En dépit de l'édition Ilartel dans le Corpus scriptorum ecclesiasticorum Latinorum de l'Académie de Vienne (XXIX et XXX, 1894), il faut encore recourir à la grande; édition de 1736, réimprimée par Migno {Pair. Lat., LXI), qui demeure également précieuse par sa reconstitution de la Yila Paulini. Nous n'avons pas encore un livre de fond sur Paulin. Habanis, Saint Paulin de Noie, Bordeaux, 1840; La#raage; Uitt. de s. Paulin, T éd.. 1 S S 2 ; André Baudrillart, Saint Paulin, 1903 (collection Lç$ Saints); autres travaux, p. 243, n. :!: etc.

.*i. Pfegant Camœnis nec patent Apollini dicata Chris to pectora; Paulin, Car m., 10, vers 22-3, /'. /.., LXI, c. 453,

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