Ici, n
6. Le sermon de Viclrice, p. 342, n. 4. Outre la Patrologie,XX (réimpression de l'édit. princeps, de Lebeuf, 1737), voyez l'édition, en 1895, de Sauvage et Tougard.
des Panégyriques d'Autun; pamphlets de polémique', commentaires des Livres Saints 2, traités de théologie3 pareils à des exposés de philosophie grecque, l'œuvre d'un grand écrivain chrétien, tel que saint Hilaire, ressemble par sa variété à celle d'un Sénèque ou d'un Cicéron.
Mais il faut encore pour le Christ des ouvrages moins austères et moins rudes : la poésie intervient alors, chez Hilaire ou chez Paulin, tantôt avec ses hymnes au rythme léger et rapide4, tantôt avec ses poèmes à l'alexandrin élégant ou pompeux5. Toutes les richesses de genre et de forme amassées par les générations des lettres latines sont exploitées pour célébrer la gloire de Dieu6. Et j'hésite même à croire qu'il n'y ait pas eu dès lors quelques essais de drames chrétiens.
En matière d'art, au contraire, la religion du Christ causa d'abord un mal incalculable. Si elle ne s'inquiéta pas de Virgile et d'Homère, où il n'y avait que des mots, elle fut saisie de crainte devant les images, qui portaient des noms de dieux et dans lesquelles vivaient toujours des esprits de démons7. En elles résidaient les adversaires qu'il fallait combattre. Les plus
1. P. 272 (t. VII, p. 216-7). — Voyez également Rétice d'Autun, t. VII, p. 129, n. 1.
2. P. 280, et les renvois de n. 3. — Voyez également Rétice d'Autun, t. VII, p. 128, n. 7.
3. P. 280, et les renvois de n. 5. — Voyez également Phéhade d'Agen, t. VII, p. 214, n. 9. — Traités presque toujours de polémique autant que d'exposition.
4. Rythme dit asclépiade, senaires iambiques, tétramèlres trochaïques calalectiques, dans les hymnes attribuées à Hilaire (ms. d'Arezzo; cf. t. VII, p. 254, n. 5); cf. de Labriolle, p. 330.
5. Dans les poèmes de Paulin en l'honneur de saint Félix. — Dans cet ordre d'œuvres, voyez le poème De laudibus Domini, composé à la fin du règne de Constantin, sans doute à Autun, et relatant un épisode, semble-t-il, de la légende de Rétice (cf. Grégoire, In gloria confessorum, 74; Patr. Lai., LXI, c. 1091). — Voyez aussi, en vers asclépiades, le Carmen de morte boum de Severus Sanctus [?] Endelechitu (Patr. Lat., XIX, c. 797; Riese, Anlhol. Lat., n" 893), dont on fait un Gaulois, ami de Paulin de Noie (t. VII, p. 264, n. 7).
I). Entre mille preuves, l'une des plus nettes et des plus anciennes est le Cento virgilien de Proba, qui est contemporain de Constance il, p. 276, n. 3. — Voyez maintenant l'excellente Histoire de la littérature latine chrétienne, de P. de Labriolle, 1920; 2" éd., 1924.
7. Lorsque Martin disait que le Diable se changeait le plus souvent en Mercure, in personam plerumque Mercuri (Sulpice, V. M., 22, 1), il visait évidemment les innombrables statues de Mercure (t. VI, p. 28 et s.).