Cf. t. VI, p. 75 et s., t. IV, ch. X
2. Cr. t. I, p. 179 et 529 (5e édit.), t. II, p. 103 et s. Et de fait, le Christianisme a ramené au jour bien des éléments primitifs de la vie morale et sociale, relégués dans l'ombre par l'anthropomorphisme et l'individualisme religieux des temps classiques : la toute-puissance d'un grand dieu invisible (p. 294, .'(45), le rôle mystérieux du prêtre, interprète de ce dieu (p. 295), l'importance des assemblées du clergé (p. 297, n. 7), la royauté du sacerdoce municipal (p. 345 et 296), l'humilité de la tombe (p. 234, n. 1), le goût du symbolisme (p. 291, n. 3).
3. Cf. Eusèbe, Vita Constantini, II, 45, c. 1021 : '£J<xavei (xeMdvTwv tcû 0eû«
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besoin, on descendra dans la rue, on fera tumulte ou émeute, pour protéger contre la volonté du prince l'évêque que l'on aime1, ou pour imposer à la cathédrale le candidat que l'on préfère2, ou même pour massacrer l'hérétique rebelle à la loi de Dieu3, et l'on versera allègrement le sang pour la cause d'un dogme ou d un prêtre, à la manière dont les Éduens s'étaient jadis entre-déchirés au jour des élections municipales4. Les émotions les plus profondes que reçoit la foule sont celles que la foi suscite en elle sur les tombes des saints aux faubourgs de la ville, lorsque les malades se guérissent, que les affligés se consolent, que les morts se réveillent, et que, sous la pierre immobile et muette du sépulcre, les hommes sentent palpiter et agir la toute-puissance de Dieu 5. Partout, aux carrefours des rues, aux portes des remparts, aux seuils des demeures, sur les vêtements des passants, sur la laine des troupeaux qui arrivent de la campagne, on aperçoit le signe mystérieux de la croix, par lequel le Père de tous s'est enfin manifesté au monde6. La cité des hommes, l'Empire romain a beau continuer son existence sur les espaces terrestres, l'humanité semble ne plus vivre que dans le mirage de la cité de Dieu.